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Résumé

Un récit poignant, porté par une jeune fille d’une maturité incroyable. Du haut de ses 12 ans, Ellie nous raconte l’histoire de sa famille qui a tout perdu, et qui va se reconstruire.

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Nous sommes en 1934 aux Etats-Unis, dans l’état du Maine. La Grande Dépression jette sur les routes des millions d’Américains à la recherche d’un avenir meilleur. C’est le cas de la famille d’Ellie, composée d’Esther sa grande sœur et de Samuel son petit frère. Leurs parents perdent leur travail, ils vont quitter la ville pour tenter leur chance dans la montagne.  

Tout est à recommencer. C’est une nouvelle vie dure et exigeante. Esther et sa mère sont rongées par la nostalgie de ce qu’elles ont perdu. Mais pour Ellie et son père, cette vie où rien n’est tracé est une forme de libération. Ellie se découvre même un lien puissant avec la nature, comme si la montagne entière résonnait en elle. Mais un jour, un drame terrible va se produire. Et l’équilibre de la famille déjà vacillant s’effondre.

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Une chute d’arbre plonge le père dans un coma profond. Ellie et le petit Samuel sont là au moment de l’accident. Ellie a tout vu : c’est en sauvant son petit garçon que son père s’est retrouvé au mauvais endroit. Mais Ellie comprend tout de suite que décharger la responsabilité sur son petit frère serait pire que de l’endosser. Alors pour protéger sa famille, elle se tait. Et tant pis si sa grande sœur et sa mère la pense coupable.

La force morale d’Ellie, 12 ans, est impressionnante

Et cette force, elle explique que c’est la montagne qui lui a donnée. Elle se sent heureuse lorsqu’elle est capable de faire quelque chose de difficile. Elle est même déterminée à tout tenter pour ramener son père à la vie. 

« Après l’avoir observé pendant des mois, couché dans son lit, j’étais soudain certaine que je pouvais faire quelque chose. Ma mère aurait appelé ça de l’orgueil. Ma sœur, de la stupidité. Mon frère, des bêtises. Mais c’était l’opinion de mon père qui comptait le plus. »

Ellie va planifier une ribambelle de stratagèmes farfelus pour réveiller son père. Mais elle en est persuadée, c’est la montagne qui lui apportera le remède. ( Elle explore la forêt à la recherche d’ingrédients de toute sorte. Au cours de ses échappées, elle imagine des potions improbables, à base de gomme de sapin et même de puanteur de mouffette.) 

Et puis un jour, Ellie découvre une minuscule figurine en bois attachée au collier de sa chienne, sculptée avec une finesse incroyable. Par la suite, elle en trouvera bien d’autres : un agneau, un perce-neige, une pleine lune.

« Je considérais ces petits cadeaux comme des indices car ils m’apprenaient des choses sur leur auteur et sur moi-même. Celui ou celle qui les sculptait était une personne douce et intelligente. Et moi, j’étais quelqu’un qui remarque ce que les autres ne voient pas. »

Ellie va tenter de découvrir qui est son mystérieux bienfaiteur. Et c’est en sillonnant la montagne que des paroles de son père lui reviennent en mémoire : tout en haut, vivrait une vieille harpie, que personne n’ose approcher.  Ellie a mille questions en tête, et elle finit par se lancer dans l’ascension du sommet, sur ce fameux sentier que son père lui avait interdit de prendre.

Une quête initiatique et un récit de vie réaliste

C’est un roman riche, bouleversant, qui conserve une part de mystère. Lauren Wolk nous parle de la complexité des rapports familiaux après un drame, et de résilience bien sûr. Le parcours d’Ellie est sinueux comme un sentier de montagne. Alors oui, parfois c’est dur, mais le plus souvent c’est très beau.  Et ce sont précisément tous ces détours, ces culs de sac, et toutes les rencontres faites en chemin qui finiront par reconstruire la famille d’Ellie, où chacun retrouvera enfin sa juste place.