Image extraite du film "Across The Universe" (2007), avec  Evan Rachel Wood et Jim Sturgess dans les rôles principaux
Image extraite du film "Across The Universe" (2007), avec Evan Rachel Wood et Jim Sturgess dans les rôles principaux
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Image extraite du film "Across The Universe" (2007), avec Evan Rachel Wood et Jim Sturgess dans les rôles principaux ©AFP - Revolution Studios / Gross Enter / Collection ChristopheL
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Résumé

Fête de la musique oblige, Léo Karmann nous parle d’une comédie musicale injustement méconnue (alors qu’elle est basée sur le groupe de musique le plus connu !) : le film "Across The Universe" réalisé par Julie Taymor.

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"(Extrait du film :) Est-ce qu'il y a quelqu'un pour écouter mon histoire, celle d'une fille venue pour rester? C'est le genre de fille que tu aimes avec trop d'espoir, mais dont tu ne regrette pas un jour passé à ses côtés".

Voilà ce que nous sommes : cet homme seul, assis sur une plage grise, en regardant l'océan qui nous sépare de la femme qu'il aime, joué par le trop rare Jim Sturgess. Cet homme s'appelle Jude - et ne soyez pas trop pressés d'entendre enfin sa chanson : elle arrive en fin de film parce que là, il n'a pas trop la foi de prendre une "sad song" et de "make it better".

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C'est par lui qu'on est entré dans l'histoire de "Across The Universe", cette comédie musicale construite avec des reprises des Beatles et réalisée en 2007 par Julie Taymor, révélée au théâtre avec son adaptation musicale et scénique du "Roi Lion".

On est dans les années 1970, il est anglais, il habite Liverpool et aime fréquenter les caves de rock - clin d'œil évident aux débuts des Fab' Four. Son rêve : partir aux États-Unis pour retrouver son père, qu'il n'a jamais connu. L'occasion se présente alors qu'un des bateaux en construction sur lequel il travaille va prendre le large pour l'Amérique. Il dit au revoir à sa petite copine en lui chantant au creux de l'oreille.

Et le voilà parti vers son destin qui va l'emmener non pas dans les bras d'un père, mais dans ceux de Lucy, jouée par Evan Rachel Wood, jeune Américaine dont le premier amour vient de mourir au Vietnam. A travers leur rencontre et leur amour naissant, c'est tout un portrait de l'Amérique de Johnson, en pleine guerre de génération, que propose Julie Taymor, exploitant le lyrisme des Beatles pour nous faire ressentir à la fois la liberté conquise de la jeunesse new yorkaise et son combat pour la paix.

Atterrissant dans une colonne tenue par une chanteuse à la carrière naissante et aux faux airs de Janis Joplin, Jude et Lucy doivent jongler entre petits boulots, manifestations, aspirations artistiques pour l'engagement politique pour l'autre, avec ce fossé qui se creuse encore si actuel : comment concilier ses ambitions personnelles et la cause que l'on défend ? Combien de temps peut-on vivre en se coupant des réalités du monde avant qu'elles nous rattrapent ?

Lui est anglais et sans papiers aux Etats-Unis. Elle est américaine et ne comprend pas comment il peut à ce point passer à côté de son combat. Mais cette guerre la concerne davantage que lui. S'il s'engage en résistance, il pourrait être arrêté, expulsé et ne plus jamais la voir.

Si on veut tous changer le monde, peut-être que l'une des solutions à ça, c'est la musique d'une décennie rock les plus enthousiasmantes de l'histoire, c'est la peinture, c'est le théâtre, bref, c'est l'art sous toutes ses formes et ses expressions.

Et c'est cette ode à la poésie qu'exprime le film tout au long de ces 2 h de voyage d'une liberté créative surprenante. Les tubes s'enchaînent à toute allure autant que les idées visuelles, en perpétuel renouvellement de formes et de styles. On peut passer d'un enrôlement de soldats ou sont conçus par un oncle Sam, marionnette en voyage en bus magique conduit par Bono sans jamais perdre de vue la romance, celle qui lie toutes les chansons des Beatles.

"Across The Universe" donne envie de chanter, de créer, de s'émerveiller, mais aussi il défend avec force le mantra "Ce n'est pas ce que tu fais qui définit ce que tu es, mais ce que tu es qui définit ce que tu fais". Peut-être que si on posait avant tout la question de qui on est, on ferait bien mieux.

Et du coup, esprit de contradiction oblige, aujourd'hui je terminerai en me prenant pour ce que je ne suis pas, c'est à dire un chroniqueur musical de l'émission vous laissant avec une des plus belles reprises du film : "Let It Be" en gospel.

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