Aux Îles Féroé, émotion après un important massacre de dauphins. Ici dauphins en Californie ©AFP - Rodrigo Friscione / Image Source / Image Source
Aux Îles Féroé, émotion après un important massacre de dauphins. Ici dauphins en Californie ©AFP - Rodrigo Friscione / Image Source / Image Source
Aux Îles Féroé, émotion après un important massacre de dauphins. Ici dauphins en Californie ©AFP - Rodrigo Friscione / Image Source / Image Source
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Résumé

Rabattre des bancs de cétacés, les échouer sur les berges et les tuer à mains nues, c'est ce que certains Féroïens appellent une chasse traditionnelle. Cette fois-ci, 1 500 dauphins à flancs blancs ont été piégés.

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Direction les îles Féroé ce matin, en plein Atlantique Nord. Un archipel situé entre l'Ecosse et l'Islande. C'est est un territoire semi-autonome du Danemark. Un peu comme le Groenland. Je tiens à préciser, avant de commencer cette histoire, qu'elle est un peu difficile à écouter pour les amoureux des animaux.

Les Féroé sont connues du monde entier de la pire des façons

Une tradition consiste, pour les pêcheurs féroïens, à rabattre vers les fjords des dauphins et autres cétacés par dizaines, à les pousser vers le rivage puis à les tuer à l'arme blanche.

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Une pratique qui dure quelques semaines dans l'année et qui avait encore un sens lorsque les habitants de cet archipel isolé constituaient des stocks de nourriture pour toute l'année. Aujourd'hui cette raison n'existe évidemment plus.

L'immense majorité des Féroïens est opposé à cette pêche barbare

Pourquoi en parlez-vous aujourd'hui ? Parce que le weekend dernier, quelques dizaines d'habitants de l'île d'Eysturoy ont réussi à encercler un banc de dauphins à flancs blancs de l'Atlantique Nord, à les rabattre sur la plage de Skálabotnur où les attendaient les villageois, machette à la main.

D'abord, il faut expliquer que ce n'est pas un problème de protection de l'espèce : les dauphins à flancs blancs ne sont pas menacés d'extinction. Ensuite, l'immense majorité des 50 000 Féroïens est opposée à cette pêche dite « traditionnelle ».

Si cette chasse n'a été connue qu'hier, c'est justement parce qu'elle suscite le rejet d'une grande partie de population : les chasseurs ont préféré la taire le plus longtemps possible. La 2ème raison est plus effroyable : les pêcheurs d'Eysturoy ont mal évalué le banc de dauphins.

Jamais autant de dauphins tués en une seule fois

Selon les premiers témoignages, ceux qui ont repéré les dauphins au large les ont évalués à 200 spécimens. C'est lorsqu'il était trop tard, c'est à dire lorsque le banc entier était proche de l'échouage, qu'ils se sont rendus compte de leur erreur :

Il y avait plus de 1 500 dauphins pris au piège. Il a fallu tous les abattre des heures durant. On comprend mieux pourquoi l'info a tardé à fuiter.

Il semble même que jamais dans l'histoire sanglante de cette pêche, on ait le souvenir d'avoir abattu tant d'animaux en une seule fois. Une tuerie tellement hors de proportion qu'il est impossible qu'une telle masse de viande puisse être consommée dans l'année.

Mais beaucoup de Féroïens sont dégoutés par cette affaire

Leurs commentaires navrés s'étalent sur la page Facebook du quotidien local, le Foroya. 

D'autant que, l'autre endroit en Europe où se pratiquait ce type de pêche est la Sicile. Or, ces « mattanza » de thon rouge sont désormais rarissimes. Voire totalement abandonnées.

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Donc il est possible, au sud de l'Europe, d'abandonner une tradition barbare. Mais pas dans le Nord, pourtant réputé si civilisé et si discipliné.

Même le Japon qui malgré tout poursuit ses campagnes « scientifiques » de pêche à la baleine ne cesse de réduire les captures : l'huile de baleine ne se vend plus, les baleines de corsets n'existent plus, la viande de baleine ne se consomme plus. A quoi bon !    

     

Références

L'équipe

Anthony Bellanger
Anthony Bellanger