Vir Das a attaqué le Premier ministre indien dans un monologue de six minutes ©Getty - Chen Xiaomei/South China Morning Post
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Vir Das a attaqué le Premier ministre indien dans un monologue de six minutes ©Getty - Chen Xiaomei/South China Morning Post
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Résumé

Le comique et acteur de Bollywood Vir Das est une star en Inde. De passage à Washington pour un spectacle, il a enflammé son pays a distance avec six minutes de monologue intitulé : "Je viens de deux Indes"

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Il est question d'une star indienne de Bollywood. Dix-huit films au compteur, huit séries télé et même six spectacles comiques produits par Netflix : à 42 ans on peut effectivement dire que Vir Das est une vraie star populaire de Bollywood, l’énorme usine à films indienne.

Vendredi, il réalisait un rêve : se produire au Kennedy Center de Washington. Pour marquer l’occasion, il a presque « slamé » devant un public conquis un texte de six minutes intitulé « Je viens de deux Indes ». Un texte très fort dont voici un extrait :

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Je viens d’une Inde qui possède la plus grande population active de moins de 30 ans au monde, mais qui doit encore écouter des leaders de 75 ans avec des idées vieilles de 150 ans. 

Pour les Indiens, c’est transparent : le septuagénaire aux idées rancies, c’est Narendra Modi, l’actuel Premier ministre nationaliste de 71 ans… Mais pas seulement ! Son prédécesseur, Manmohan Singh, qui avait plus de 80 ans en quittant le pouvoir en 2014.

Paysans tués, violences faites aux femmes

Il parle de tout ! D’un pays fièrement végétarien et qui réprime, voire tue, ses paysans ; un pays qui adule les femmes de jour et les viole de nuit. Une attaque contre une des plaies de l’Inde, à savoir les violences parfois extrêmes faites aux femmes. D’ailleurs, sur les Indiennes, un autre extrait de son pamphlet :

Je viens d’une Inde ou les femmes mettent des saris mais aussi des baskets et qui doivent supporter les conseils de vieillards qui n’ont jamais porté de saris et n’ont jamais eu de toute leur vie l’occasion d’en défaire un. 

Ce qui est une autre allusion à peine voilée à Narendra Modi, ce Premier ministre qui a fait vœu de chasteté. Il y a aussi ce moment où il parle des Hindous, Musulmans, Chrétiens, Parsis, Sikhs, Juifs d’Inde qui, je cite, « lèvent les yeux vers le ciel et n’ont qu’une seule prière aux lèvres : faites baisser le prix de l’essence ! ».

Réactions outrées et plaintes pour "diffamation envers la nation"

Vendredi le spectacle (à Washington), lundi sur le web et hier, déjà deux plaintes pour « diffamation envers la nation » déposées contre lui à Bombay et à Dehli. C’est simple, dans l’après-midi d’hier, le seul mot-dièse #VirDas, c’était 60 000 occurrences.

Mais le plus désolant est ailleurs : l’Inde est minée depuis plusieurs années par les nationalistes hindous qui divisent le pays sur des fractures ethnico-religieuses et qui ont fait des comédiens et comiques indiens une de leurs cibles préférées… surtout lorsqu’ils sont musulmans :

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Comme Munawar Faruqui qui a fait un mois de prison, pour s’être gentiment moqué des dieux et déesses hindous. Mais la vraie cible, c’est Bollywood et sa Sainte Trinité : Aamir Khan, Salman Khan et Shah Rukh Khan. Les trois « Khan » de Bollywood qui se trouvent être musulmans.

Des acteurs adulés qui promeuvent, film après film, la coexistence – le vivre ensemble comme on dirait en France – entre Indiens de toutes religions. Voilà ce qui est insupportable aux hindouistes radicaux et qui est attaqué dans ce monologue de Vir Dar.

Références

L'équipe

Anthony Bellanger
Anthony Bellanger