Le Pazo de Meiras
Le Pazo de Meiras ©AFP - Miguel Riopa
Le Pazo de Meiras ©AFP - Miguel Riopa
Le Pazo de Meiras ©AFP - Miguel Riopa
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La famille du dictateur fait tout pour se rappeler au bon souvenir mémoriel des Espagnols, y compris réclamer à l'Etat des bibelots... et des tapis de sol !

Direction l’Espagne où l’on reparle de la famille Franco…

La Péninsule pensait en avoir en avoir fini avec eux depuis l’exhumation il y a 3 ans des restes du dictateur de son tombeau grandiloquent du Valle de los Caidos, près de Madrid, et sa réinhumation dans une modeste tombe du cimetière de Mingorrubio.

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Eh bien non ! Hier, on apprenait que l’État espagnol réclamait à la famille Franco pas moins de 564 bien meubles – c’est-à-dire des bibelots, des tableaux, quelques sculptures, des vases, des écritoires et même un sarcophage de pierre.

Un bric-à-brac entreposé dans un manoir néogothique galicien appelé Pazo de Meiras et qui a été la résidence de villégiature du dictateur et de sa famille de 1938 à 2020, date à laquelle l’État a obtenu devant les tribunaux la nue-propriété du domaine.

Pourquoi l’État espagnol s’intéresse-t-il à ce capharnaüm ?

Alors là, accrochez-vous bien parce que la famille du dictateur a plus d’un tour dans son sac ! Humiliée deux fois par Madrid – exhumation du patriarche et dépossession du manoir de Galice – les Franco ont répliqué :

L’État a certes obtenu la nue-propriété du Pazo de Meiras mais restait tout ce qui était à l’intérieur. Après inventaire, Madrid a répertorié 697 objets. De ce total, 132 ont fait l’objet d’une réquisition devant la justice. Réquisition évidemment aussitôt contestée.

Seulement voilà, il y a quelques jours les Franco tentaient un coup de Trafalgar ! Obtenir d’un tribunal de La Corogne le transfert en camion de déménagement jusqu’à Madrid de 500 objets – dont le sarcophage – non réclamés par la réquisition de l’État.

Mais comment a réagi l’État ?

De façon foudroyante : devant l’audace des Franco, l’État a donc répliqué en réclamant en tout 564 objets. Or, si vous additionnez les 132 objets de la réquisition et les 564 réclamés hier, il manque un lot sur les 697 répertoriés. Or, e n’est pas un oubli !

Ce lot est composé de tapis de couloir sans valeur que Madrid a généreusement décidé de laisser à la famille Franco. En clair, il s’agit d’une déclaration de guerre. Or les petits-enfants du dictateur ont les moyens de relever le gant : la fortune familiale étant estimée à 500 ou 600 millions d’euros !

Le combat ne fait donc que débuter…

Il sera sans merci parce qu’au fond, il oppose deux légitimités irréconciliables en l’Espagne : d’une part, l’État issu de la transition démocratique, avec en plus aujourd’hui à sa tête un gouvernement très à gauche ; et d’autrepart, les héritiers – au sens propre pour le coup ! - du Franquisme.

L'équipe

Anthony Bellanger
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