Pêche en Chine à Xinyu dans la Province du Jiangxi le 9 seprembre 2022
Pêche en Chine à Xinyu dans la Province du Jiangxi le 9 seprembre 2022 ©Getty - Zhao Chunliang/VCG
Pêche en Chine à Xinyu dans la Province du Jiangxi le 9 seprembre 2022 ©Getty - Zhao Chunliang/VCG
Pêche en Chine à Xinyu dans la Province du Jiangxi le 9 seprembre 2022 ©Getty - Zhao Chunliang/VCG
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Les flottes de pêche chinoises prélèvent à elles-seules un poisson. Un appétit qui menace quelques unes la biomasse marine dans plusieurs endroits du monde.

Vous avez remarqué un article du New York Times sur les pratiques de pêche chinoises…

Une enquête remarquable qui met en évidence le gargantuesque appétit chinois pour les produits de la mer et surtout, l’incroyable expansion de sa pêche hauturière, souvent projetée à des milliers de kilomètres des ports chinois.

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C’est simple, selon le New York Times, aucune autre flotte au monde ne pêche aussi longtemps et aussi loin de ses bases et n’est aussi massive tant en nombre de navires qu'en quantité de prise.

Quelques chiffres suffisent à résumer ce gigantisme : depuis 1985, le nombre de chalutiers est passé en Chine de 13 navires de haute-mer à… 17 000 et la Chine exploite aujourd’hui 3 000 chalutiers en eau profonde, qui donc râclent les fonds marins.

Or au large des côtes chinoises, la biomasse marine a chuté en un demi-siècle de 90%, à cause de la surpêche. Les énormes flottes chinoises doivent donc trouver dans les eaux internationales ce qu’elles ne pêchent plus dans leurs eaux territoriales.

On sait où elles opèrent ?

C’est là que le travail du New York Times est remarquable : des journalistes ont récolté pour 2020 et 2021 les données transmises par une partie de cette flotte et ils ont pu la suivre de l’Équateur au Pérou, puis au large de l’Argentine.

Toujours la même technique : un vaisseau-amiral usine réfrigéré, chargé de recueillir à son bord la pêche d’une flottille de plusieurs dizaines de chalutiers, comme une sorte d’essaim maritime. Puis une fois la zone ratissée à blanc, on passe à la suivante.

Cette pêche s’effectue toujours à la limite des eaux territoriales, comme celles très poissonneuses de l’archipel équatorien des Galapagos. Quelquefois si près que sur une carte, les bateaux chinois en dessinent les contours.

Beaucoup de pays procèdent de cette façon…

C’est vrai, mais c’est l’échelle de cette pêche qui est unique au monde, voire dans l’Histoire : on estime qu’un poisson sur six est pêché par la Chine. Et lorsqu’il ne s’agit pas de navires chinois à proprement parler, c’est tout de même la Chine qui pêche :

Sur le millier de chalutiers industriels qui opèrent en Afrique, la moitié seraient en fait propriétés chinoises. Au Ghana, 90% de la flotte serait ainsi entre les mains de la Chine, permettant de contourner la réglementation locale qui limite les prises étrangères.

La Chine a aussi des flottes de pêche qui naviguent en Asie ?

En mer de Chine du Sud plus exactement. Mais là, il s’agit d’un autre type de calcul chinois. Pékin a depuis longtemps des revendications maritimes dans cette région et utilise ses énormes flottes de chalutiers comme une sorte de « milice » maritime :

La Chine envoie des dizaines de ces bateaux, parfois armés, mouiller aux abords d’îlots disputés. C’est ce qu’il s’est passé l’année dernière où 220 chalutiers chinois se sont regroupés autour d’un récif appelé Julian Felipe par les Philippins et Whitsun, par Pékin.

Les Chinois appellent cela la « pêche patriotique » Donc les flottes de chalutiers chinois ont un double rôle : celui d’alimenter l’appétit chinois pour les produits de la mer et celui de servir de marine de guerre de substitution partout où la Chine veut s’imposer.

L'équipe

Anthony Bellanger
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