Silvio Berlusconi en février 2021 ©Getty - Livio Anticoli/Pool/Insidefoto/Mondadori Portfolio
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Résumé

L'homme aux 70 procès deviendra-t-il la prochain président de la République italienne ? Silvio Berlusconi mène campagne et ses chances sont réelles.

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On parle en Italie d’un retour de Silvio Berlusconi. En fait, le Cavaliere n’a jamais lâché l'affaire. Il est toujours à la tête de Forza Italia, son parti créé en 1994 pour sa première conquête du pouvoir. Aujourd’hui, à 85 ans, il a désormais un nouvel objectif : devenir le prochain président de la République italienne.

Le mandat de Sergio Mattarella se termine début février et il faut donc choisir son successeur avant cette date

En savoir plus : Berlusconi le recours !
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Je vous rassure, il est normal que vous n’en ayez pas entendu parler : les présidents en Italie sont élus par un collège d’un millier de grands électeurs.

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Des parlementaires, sénateurs et députés, et quelques élus régionaux. Autrement dit, la campagne qui a débuté en décembre, se passe entre gens de bonne compagnie. Silvio Berlusconi vient d’ailleurs d’envoyer à chacun des grands électeurs un véritable pensum !

Un livre luxueux rassemblant 30 années de discours et de « pensées politiques ». Depuis, il a rencontré le tout Rome dans sa toute nouvelle villa, qui avait appartenu au réalisateur Franco Zeffirelli, située sur la Via Appia, dans les environs de la capitale.

Et il a des chances de l’emporter ! 

Déjà, il a plus de 50 ans. En Italie, on ne peut être élu président avant cet âge. Ensuite, son Parti, Forza Italia, a récolté près de 14% aux dernières élections législatives et dispose d’un joli petit matelas de 88 députés, 49 sénateurs et 4 présidents de régions.

De plus, Silvio Berlusconi est le « comeback kid » de la politique italienne : la classe dirigeante italienne l’a toujours sous-estimé, sinon méprisé. Or il a été 4 fois Premier ministre et détient le record de longévité à la tête de l’Italie post 2nde Guerre mondiale.

Donc, il ne faut rien écarter. Même si, mathématiquement, en unissant les troupes des trois partis de sa coalition – Forza Italia, Fratelli d’Italia et La Lega – il manque encore une cinquantaine de grands électeurs pour une majorité simple. Mais Silvio connait la « loi Scalfaro » !

Du nom d'Oscar Luigi Scalfaro a été président à la fin des années 90. Or, au premier tour, il n’a recueilli que 6 suffrages. Au cours des 14 tours suivants, jamais plus de 30 voix. Mais au 16e tour, il devient à l’usure le candidat de compromis et l’emporte avec 672 voix.

En fait, le truc pour Beslusconi est de surtout éviter qu’un candidat soit élu dans les trois premiers tours, où une majorité qualifiée des deux-tiers est exigée. Dès le 4e, une majorité simple suffit et c’est là qu'il a toutes ses chances.

  • Le problème vient plutôt de la concurrence : il y a quelques jours, Mario Draghi, a déclaré que le gouvernement pouvait continuer sans lui à sa tête et qu’il était « un grand-père au service des institutions du pays ». En politicaillerie italienne, c’est une déclaration de candidature en bonne et due forme
  • Le deuxième problème c'est qu'il y au moins trois ou quatre tribunaux qui doivent encore décider si oui ou non il est coupable, entre autres, d’avoir corrompu un sénateur – qui a avoué – et subordonné des témoins dans l’affaire fameuse dite des soirées « bunga-bunga ».

Berlusconi, c’est l’homme aux 70 procès, en faire un président de la République italienne serait un comble. C’est en tous cas l’avis du journal Il Fatto Quotidiano qui a lancé une pétition avec ces mots : « le président doit être le garant de la constitution, Silvio Berlusconi n'est le garant que de la corruption et de la prostitution ».

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L'équipe

Anthony Bellanger
Anthony Bellanger