Espagne : quand l'évêque épouse sa diablesse de dulcinée

Coiffes d'évêques à Lourdes.
Coiffes d'évêques à Lourdes. ©Getty - Stefan Cristian Cioata
Coiffes d'évêques à Lourdes. ©Getty - Stefan Cristian Cioata
Coiffes d'évêques à Lourdes. ©Getty - Stefan Cristian Cioata
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L'évêque de Solsona, Monseigneur Novell i Gomà, a épousé une écrivaine de romans érotico-satanistes. Il était pourtant l'espoir de l'Eglise espagnole.

On part en Espagne pour une affaire qui secoue l’Église catholique : ce samedi, la Conférence épiscopale espagnole, l’Assemblée des évêques en somme, s’est fendue d’un communiqué mettant fin aux fonctions d’un des leurs, Monseigneur Novell i Gomà, évêque de Solsona en Catalogne.

La situation devenait proprement intenable : le prélat avait démissionné en août dernier pour « des raisons personnelles ». Très vite, on a compris que la « raison personnelle » de l’évêque était une clinicienne et psychologue de 38 ans, Mme Silvia Caballol.

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A la décharge de l’évêque, il a eu la décence d’épouser civilement Mme Caballol le 22 novembre dernier. La conférence des évêques espagnole n’a pu que constater sa suspension de fait de ses devoirs sacerdotaux.

Une banale histoire d'amour me direz-vous ! 

Sauf que l’évêque en question n’était pas n’importe qui. En 2010, à 41 ans, lorsqu’il a été choisi par Benoit XVI, c’était le plus jeune évêque jamais nommé en Espagne. L’espoir d’une Église espagnole bien en mal, comme partout en Europe, de figures fraiches et charismatiques.

Il était tout cela, et plus encore ! Un conservateur assumé dont on dit qu’il a soutenu et même participé à de prétendues « thérapies de conversion » de gays et de lesbiennes. Un prélat fasciné, en plus, par la démonologie au point de devenir en 2015 l’exorciste référent de son propre diocèse.

Pendant cinq années, les prêtres du coin envoyaient à leur évêque les cas de possession Presque toujours des femmes dont certaines se mettaient à grogner  (...) et à insulter le curé au moment de la communion. C’est d’ailleurs comme cela qu’il a rencontré Mme Caballol.

Elle ne faisait pas partie des exorcisées. Au contraire : en tant que psychologue, elle était au nombre des intervenants dans le cursus de démonologie suivi par l’évêque. Je ne plaisante pas ! Ça existe vraiment en plein XXIe siècle !

Or, il se trouve que Silvia Caballol était - comment dire - possédée par son sujet.

Au point de publier à partir de 2017 des romans érotico-satanistes. Et pas qu’un : une trilogie qualifiée par son éditeur de « moralement audacieuse ». Pour vous donner une idée, un de ses ouvrages s’intitule « L’Enfer dans la luxure de Gabriel ».

Je sais que l’Espagne est certes le pays des « esperpentos », ce genre littéraire qui mêle grotesque et surréalisme Attendez, ce n’est pas le pire ! D’abord M. Novell i Gomà n’a pas perdu son titre ! Seul le pape peut l’en priver : il reste évêque émérite.

Mais il y a la nouvelle carrière de Monseigneur l’évêque émérite de Solsona ! Selon la presse espagnole, il a repris sa carrière d’ingénieur agronome en se faisant embaucher par une entreprise catalane spécialisée dans le négoce de sperme de porc.

Mais avant tout, c’est une affaire qui tombe très mal : l’Église d’Espagne, contrairement à celle de France, refuse radicalement d’enquêter sur les scandales sexuels en son sein. Les déboires érotico-sataniques de Monseigneur Novell i Gomà ne font que souligner par le ridicule cet entêtement d’un autre âge.

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