Otoniel, le "capo" colombien de la drogue est tombé. Ici le 24 octobre. ©AFP - Colombian National Police Press / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency
Otoniel, le "capo" colombien de la drogue est tombé. Ici le 24 octobre. ©AFP - Colombian National Police Press / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency
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Résumé

Otoniel dirigeait le "clan du Golfe", un des plus puissant cartels de Colombie. Il a été arrêté samedi 23 octobre en pleine jungle

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On part en Colombie, pour une arrestation spectaculaire : plus de 500 commandos de l’armée colombienne mobilisés, l’infanterie de marine pour bloquer les accès fluviaux, 22 hélicoptères de la police nationale et une logistique aérienne mise à disposition par l’Armée de l’air. Tout cela pour capturer un seul homme :

Dairo Antonio Úsuga, mieux connu sous le pseudonyme d’Otoniel ou encore « le parrain » : le chef du principal cartel de narcos du pays : le « Clan du Golfe » sur lequel pesaient deux récompenses records en échange de renseignements menant à sa capture :

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Trois milliards de pesos colombiens, soit environ 700 000€, mais aussi 5 millions de dollars offerts cette fois par les États-Unis qui réclament son extradition depuis 2009. 

Otoniel, c’est l’homme aux 128 inculpations et ce pour des crimes extrêmement graves 

Narcotrafic, extorsion, homicides, enlèvements, trafic d’armes, formation de groupes armés et j’en passe… Mais Américains et Colombiens reprochent avant tout à Otoniel d’avoir organisé des dizaines de livraisons massives de cocaïne par bateau vers les États-Unis.

Un territoire à cheval sur le Panama

Ce n’est pas pour rien que le président colombien Duque compare sa capture à celle de Pablo Escobar au début des années 90. Comme Escobar, Otoniel est un industriel de la cocaïne, exportant des quantités ahurissantes depuis sa région d’origine d’Urabá.

Une région idéalement située entre deux océans : le pacifique à l’ouest et l’Atlantique à l’est, ou plutôt les Caraïbes. En plus, c’est une région à cheval entre la Colombie et le Panama : d’un côté de la frontière la production de cocaïne et les routes maritimes vers les Etats-Unis,

Et côté panaméen, le refuge en cas d’ennuis et surtout les services et le secret bancaires. Mais en fait, la vie même d’Otoniel est à l’image de la complexité colombienne qui rappelle très souvent les romans de Gabriel García Marquez… en plus violent.

De la guérilla marxiste aux milices paramilitaires

D’abord, c’est l’histoire de deux frères : Dairo Antonio, arrêté hier donc, et Juan de Dios, abattu par la police en 2012. Deux frères qui ont rallié les guérillas marxistes encore adolescents puis le camp adverse : les paramilitaires de sinistre mémoire.

Ils ont fini par constituer une véritable petite armée de 1 500 à 2 000 hommes à leur entière dévotion qu’ils ont mise à la disposition de ce qui allait devenir le « Clan du Golfe ».

 Juan de Dios, le frère, a donc été tué en 2012 : il ne restait plus qu’Otoniel.

Il vivait traqué par l’État colombien depuis 2016, date à laquelle son arrestation est devenue une priorité, obligé de changer constamment de lieu de résidence, sans jamais sortir de sa région d’Urabá. C’était cabanes en bois et forêt vierge pour mieux fuir.

Mais attention ! Des cabanes pourvues d’écrans géants, d’alcools fins et de parfums de luxe, avec médecin à disposition et des jeunes femmes qu’on louait à prix d'or pour qu’elles l’amusent et se taisent. Je/ vous dis : un vrai roman de García Marquez !

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Anthony Bellanger
Anthony Bellanger