Devant la prison où sont enfermés Maykel Castillo et Luis-Manuel Otero ©AFP - Yamil Lage
Devant la prison où sont enfermés Maykel Castillo et Luis-Manuel Otero ©AFP - Yamil Lage
Devant la prison où sont enfermés Maykel Castillo et Luis-Manuel Otero ©AFP - Yamil Lage
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Résumé

Le régime cubain a emprisonné des centaines de participants aux manifs du 11 juillet dont deux jeunes artistes exemplaires : le musicien Maykel Castillo et le plasticien Luis-Manuel Otero.

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Direction Cuba ce matin où deux artistes ont écopé de lourdes peines de prison…

Le premier est un musicien de 38 ans, Maykel Castillo dit Osorbo, et le second est un plasticien de 34 ans : Luis Manuel Otero Alcántara. Les deux ont écopé respectivement de 9 et 5 ans de prison.

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Pour Osorbo c’est, entre autres, pour avoir « attenté à l’honneur et à la dignité des plus hautes autorités de l’État ». Quant à M. Otero Alcántara, il aurait « outragé le drapeau national » et « troublé l’ordre public ».

D’abord et avant tout, ce sont deux artistes libres dans un pays qui ne l’est pas. Mais, concrètement, M. Otero, par exemple, s’est a parcouru tout le pays avec un drapeau cubain comme unique bagage.

Il s’en est servi de drap de plage, de serviette de bain - en le nouant autour de la taille pendant qu’il se lavait les dents -, comme couverture pour dormir… Bref, comme un accessoire du quotidien. Il a ensuite publié les photos de cette performance sur le web.

Quant à Maykel Castillo alias Osorbo, il a signé avec beaucoup d’autres un rap intitulé Patria y Vida, Patrie et Vie.

« Tout a changé, entre toi [ma patrie] et moi, il y a un abîme / Les pubs montrent un paradis à Varadero pendant que les mères pleurent leurs enfants qui sont partis ». Varadero étant l’immense station balnéaire pour touristes occidentaux.

Les paroles s’en prennent donc au régime

Le refrain dit « c’est fini, toi 59 ; moi double 2 ». 59, pour l’année de la Révolution cubaine et « double 2 » pour 2020, l’année où la chanson a été écrite.

Ce rap a d’abord été chanté sous le manteau, puis ouvertement dans les rues de La Havane et de tout le pays, lors des manifestations du 11 juillet dernier pour protester contre la vie chère et le racisme d’État.

On l’oublie souvent, mais il y a un problème noir à Cuba. Un problème de relégation et de pauvreté qui a été mis sous le boisseau par le Castrisme et la répression militaro-policière mais qui continue d’être très prégnant.

Par ailleurs, nos deux artistes sont loin d’être les seuls à avoir été condamnés : suite aux manifs de l’été dernier, 1 500 Cubains ont été arrêtés et ces dernières semaines, des procès par dizaines ont envoyé des centaines de protestataires en prison.

Le pays s’enfonce dans une crise économique gravissime et le régime a bien compris qu’il fallait sévir ou laisser partir les plus contestataires pour survivre : entre mai et octobre, 140 000 Cubains ont cherché à entrer aux Etats-Unis, du jamais vu depuis 40 ans !

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L'équipe

Anthony Bellanger
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