Des vols de fraises Tochiotome en en pleines serres : le Japon est choqué !
Des vols de fraises Tochiotome en en pleines serres : le Japon est choqué ! ©AFP - Kota Kawasaki / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun
Des vols de fraises Tochiotome en en pleines serres : le Japon est choqué ! ©AFP - Kota Kawasaki / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun
Des vols de fraises Tochiotome en en pleines serres : le Japon est choqué ! ©AFP - Kota Kawasaki / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun
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Des vols de fraises Tochiotome en pleine serre : le Japon est choqué ! La fraise, c'est plus qu'un fruit dans l'archipel nippon, c'est une trésor national !

L’info a fait le tour du pays : la police de la préfecture de Tochigi, au centre de l’île principale de Honshu, mène l’enquête depuis hier sur une série de larcins de fraises en bande organisée.

Samedi, aux alentours de 6h30 du matin, des cueilleurs de la ville de Mibu ont eu la désagréable surprise de se rendre compte qu’on les avait précédés : 108 kg de précieuses fraises Tochiotome avait été arrachés.

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Il semble que les voleurs se soient introduits dans les serres de ces "fiancées de Tochigi" - c’est la traduction du nom de cette variété très recherchée. Les autorités locales sont - comment dire - sur les dents !

Une fraise des bois au coeur de la littérature nippone

La fraise au Japon, c’est bien plus qu’un fruit : c’est un trésor national ! La première fois qu’une fraise – des bois en l’occurrence – est signalée dans un texte littéraire, c’est dans l’un des chefs-d’œuvre de la littérature japonaise.

Les Notes de chevet, écrit par une courtisane qui raconte comment on raffolait de ce petit bijou rouge au tournant de l’an 1000 à la cour impériale de l’ère Heian ! Les fraises d’aujourd’hui descendent toutes d’une variété dite "néerlandaise" introduite en 1840.

D’abord comme plante d’ornement avant d’être cultivée à la mode occidentale dans les années 1880. C’est-à-dire à l’époque Meiji pendant laquelle le Japon s’est modernisé en imitant l’Occident. La fraise est donc devenue le symbole de cette première modernisation.

Mieux, c’est après la Seconde Guerre mondiale que la culture sous serres a été introduite, ce qui a démocratisé la fraise pour tous. Elle est devenue le fruit de la Renaissance japonaise d’après-guerre.

La "fiancée de Tochigi" et la "Reine sucrée"

Au Japon, on offre des fraises en petits paquets serrés. Certaines d’entre elles, les plus parfaites, peuvent coûter plusieurs centaines voire plusieurs milliers de yens l’unité, souvent des fraises Tochiotome d’exception d’ailleurs, comme celles qui ont été volées le weekend dernier.

C’est aussi la plus populaire, celle-là : petite, de couleur rubis, sucrée. C’est l’impératrice des fraises, même s’il y a de la concurrence : la préfecture de Fukuoka est fière de son Amao, ou "Reine sucrée" : une variété énorme, 4 à 5 fois une fraise normale.

Par ailleurs, "aller aux fraises" est une sortie très populaire au printemps : ça consiste à se rendre dans les serres et à ramasser le plus de fraises possibles en un temps donné. C’est simple, le Japon est le 7e producteur mondial de fraises et les consomme toutes !

D’ailleurs, les Japonais n’ont pas des bûches, mais des fraisiers de Noël ! Vous l’avez compris : les fraises au Japon c’est du sérieux et ces vols de fraises Tochiotome, alors même qu’elles commencent tout juste à paraître sur les étals, annonçant le printemps et un peu l’amour, sont un sale coup porté à la culture, à la tradition et à la poésie nippones !

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