Liudmyla Monastyrska, ici en concert en 2020
Liudmyla Monastyrska, ici en concert en 2020 ©Getty - Future Publishing
Liudmyla Monastyrska, ici en concert en 2020 ©Getty - Future Publishing
Liudmyla Monastyrska, ici en concert en 2020 ©Getty - Future Publishing
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Le monde de la culture et de la musique réagit parfois avec panache à l'invasion de l'Ukraine. Dans le pays, on résiste en musique (et en chansons). Mais d'abord pour parler de résistance artistique ce matin, direction l'Italie.

A l'opéra de Naples, s’est déroulée dimanche au théâtre San Carlo une scène émouvante. A la fin de la représentation d’Aïda de Verdi, les artistes s’avancent pour recueillir les applaudissements du public.

Soudain, la soprano ukrainienne Liudmyla Monastyrska se retourne vers la mezzo-soprano russe Ekaterina Gubanova et la prend par la main. Ensemble, elles font un pas vers le public et s’enlacent, sans un mot. Le public les ovationne au cri de « pace ».

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Même ton à Venise où, en novembre prochain, la célèbre biennale d’art contemporain devait accueillir russes et ukrainiens. Jeudi, le pavillon ukrainien annonçait « suspendre sa participation ». Hier, les artistes russes invités ont démissionné pour marquer leur solidarité.

Il y a aussi des contre exemples avec des artistes mis sur la sellette

  • La chanteuse d’opéra russe Anna Netrebko, qui est liée au président Poutine et qu’on a vu chanter avec un drapeau d’une des républiques séparatistes pro-russe d’Ukraine, a dû annuler en urgence un concert prévu le 25 février à Aarhus au Danemark.
  • Le chef d’orchestre Valery Gergiev, qui est un proche du président russe depuis 20 ans, a été remplacé au pied levé à la tête du Philharmonique de Vienne pour trois concerts qu’il devait donner au Carnegie Hall de New York. Pour lui, les ennuis ne s’arrêtent pas là : vendredi, Munich lui a lancé un ultimatum : se distancier de Vladimir Poutine ou rendre sa baguette de chef de l'orchestre de la capitale bavaroise : lundi il a été remercié.

Une issue qui contraste avec son homologue de la philharmonie de Berlin, le russe Kirill Petrenko, qui a dénoncé « l’attaque insidieuse de Poutine » qualifiée de « coup de couteau planté dans le dos d’un monde en paix ».

En Ukraine même, le monde de la musique se mobilise évidemment

D’abord, il faut savoir que depuis 2014, la pop ukrainienne s’est considérablement développée : partout des groupes, partout des rappeurs, des concerts et des festivals. Une scène musicale foisonnante, notamment à Kharkiv, qui s’est brutalement interrompue.

Il y a ceux qui ont changé de casquette en quelques jours, comme Rostislav Kulyk, l’organisateur du festival Underhill de Lviv qui aujourd’hui tente d’aider les quelques 100 000 déplacés de l’intérieur réfugiés dans sa ville et ceux qui résistent en musique.

Comme la chanteuse Khrystyna Soloviy dont la chanson Trimai, Serre-moi dans tes bras, était devenue en 2014, la bande-son de la Révolution de Maïdan. Aujourd’hui elle récidive depuis son salon à Kiev, avec un titre intitulé Ya Nesu Myr, J’apporte la paix. Une chanson qui dit : « Appuie sur la gâchette, je suis une balle / appuis encore, j’apporte la paix / Je suis avec toi, je suis ton arme / La victoire est au bout du fusil » Pas si paisible, en fait…

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