Capture écran de la vidéo anti-Roms d'Alessio di Giulio
Capture écran de la vidéo anti-Roms d'Alessio di Giulio - Alessio di Giulio
Capture écran de la vidéo anti-Roms d'Alessio di Giulio - Alessio di Giulio
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Une vidéo mettant en scène un conseiller municipal populiste de Florence et une femme rom devient virale en Italie. Elle devient emblématique d'une campagne électorale focalisé sur l'immigration.

Votre histoire du monde est une vidéo qui fait scandale en Italie…

La scène se passe dans une rue du centre de Florence. Alessio di Giulio, conseiller municipal du parti populiste La Ligue, croise le chemin d’une femme rom qui semble vouloir l’aborder. Il saisit alors son portable et filme.

Dans cette vidéo, il y a d’abord le conseiller municipal qui répète : « Vous ne vous plus la voir ? » et qui ajoute « Le 25 septembre votez pour la ligue et vous ne la verrez plus ». Ensuite, il y a cette dame qui comprend vite l’instrumentalisation politique et lui répond : « ne dis pas ça » et enfin « je n’ai pas peur ».

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Ce qu’on ne voit pas, c’est le sourire carnassier voire dominateur, la chemise caricaturalement béante, du conseiller municipal mais aussi l’aplomb de la victime qui ne cesse jamais de sourire.

La vidéo a suscité beaucoup de réactions ?

Énormément ! A commencer par celle d’Enrico Letta, chef du Parti démocrate de centre gauche, qui a aussitôt déclaré que « Des choses choquantes se produisaient dans cette campagne électorale ». Car, vous l’avez compris, l’Italie votera le 25 septembre pour des législatives cruciales.

Il fait allusion à une autre vidéo polémique publiée fin août à (PAR) Giorgia Meloni, cheffe du parti d’extrême-droite Fratelli d’Italia, où l’on peut voir l’agression par un migrant noir d’une femme et ce commentaire : « Quand cela cessera-t-il ? »

On le voit bien, c’est l’immigration et - par ailleurs - un sentiment anti-élite persistant qui sont au cœur de cette campagne électorale avec en ligne de mire, une large victoire promise à la droite et l’extrême-droite.

On en est où justement, que disent les sondages ?

Ils donnent toujours Fratelli d’Italia en tête. L’écart est même en train de se creuser avec le Parti démocrate : les derniers sondages donnent au parti de Giorgia Meloni entre 26 et 27% des intentions de vote, contre 21% pour Enrico Letta.

Et si l’on ajoute les projections pour les deux partis qui, avec Fratelli d’Italia, forment la coalition de droite – la Ligue de Matteo Salvini et Forza Italia de Silvio Berlusconi -, on obtient une très large majorité tant au Sénat qu’à la Chambre des députés.

Reste qu’il y a une concurrence entre la Ligue - qui en 2018 avait été le premier parti d’Italie avec 37% des suffrages et qui n’en recueillerait cette fois plus que le tiers – et Fratelli d’Italia, aujourd’hui dominant.

Ca se traduit comment cette « concurrence » ?

D’abord par des faux-pas, comme cette vidéo du conseiller municipal de Florence. Ce n’est même pas moi qui le dis, c’est Matteo Salvini lui-même qui l’a qualifié de « stupide » sentant le piège se refermer sur son parti déjà mal en point.

Il y a aussi l’Ukraine et les sanctions contre la Russie. Matteo Salvini a voulu expliquer qu’elles pesaient plus sur l’économie italienne que sur celle de la Russie. Giorgia Meloni l’a aussitôt recadré, elle qui jure ses grands dieux qu’elle sera la plus européenne et la plus atlantiste des Premières ministres.

L'équipe

Anthony Bellanger
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Anthony Bellanger
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