L'Egypte libère Patrick Zaki

Pancarte de manifestation de soutien à Patrick Zaki à Rome en décembre 2021
Pancarte de manifestation de soutien à Patrick Zaki à Rome en décembre 2021 ©Getty - Vincenzo Nuzzolese/SOPA Images/LightRocket
Pancarte de manifestation de soutien à Patrick Zaki à Rome en décembre 2021 ©Getty - Vincenzo Nuzzolese/SOPA Images/LightRocket
Pancarte de manifestation de soutien à Patrick Zaki à Rome en décembre 2021 ©Getty - Vincenzo Nuzzolese/SOPA Images/LightRocket
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En prison depuis 22 mois, l'étudiant Patrick Zaki a été libéré en attendant son procès en février. Une première victoire pour cet étudiant à Bologne pour qui l'Italie toute entière s'est mobilisée.

On part en Égypte ce matin où un militant des droits humains a été libéré. Cela faisait 22 mois que Patrick Zaki était maintenu en préventive à Mansoura, à 150 km au nord du Caire. Son procès n’a commencé qu’en septembre et il risquait 5 années de prison pour – je cite l’acte d’accusation – avoir « répandu de fausses informations ».

Les fausses nouvelles en question étaient une série de trois articles accusant les autorités égyptiennes d’opprimer la minorité chrétienne, les Coptes, qui représentent entre 10 et 15% des 102 millions d’Égyptiens.

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Pour être précis, Patrick Zaki a été libéré mais devra tout de même affronter la suite de son procès et ce devant une Cour spéciale, c’est-à-dire sans pouvoir interjeter appel, dès le mois de février. Les juges ont simplement voulu laisser du temps à ses avocats pour préparer leurs plaidoiries

En fait, son arrestation en février 2020 avaient fait de son cas une « cause célèbre » chez un de nos voisins : l’Italie

Patrick Zaki est, certes, un militant des Droits humains égyptien, mais il est aussi étudiant en master à Bologne.

C’est donc une victoire aussi pour l’Italie, salué aussitôt comme tel par le Premier ministre italien, Mario Draghi, qui s’est immédiatement déclaré « satisfait » de cette décision et par le ministre des Affaires étrangères qui parle de « grand pas en avant ».

Mais toute l’Italie est mobilisée depuis des mois pour sa libération. La veille même de sa libération conditionnelle, plus de 50 manifestations ont été organisées dans toutes les grandes villes italiennes, dont Bologne, sa ville d’adoption.

Mieux encore, depuis septembre et à chaque audience de la Cour spéciale de Mansoura des représentants de l’ambassade italienne étaient présents, pour bien signifier au pouvoir égyptien que l’Italie ne laisserait pas passer une nouvelle affaire Regeni.

Giulio Regeni était un étudiant italien qui faisait une thèse en Égypte sur les syndicats. Il a été enlevé par les forces de sécurité égyptiennes en janvier 2016. Son corps a été retrouvé mutilé au bord d’une route en banlieue du Caire en février de cette même année.

L’Italie avait été bouleversée par ce meurtre et n’a cessé depuis de réclamer justice

Les banderoles « Justice pour Giulio » parsèment encore les centres-villes italiens. La justice italienne a d’ailleurs mis en examen 4 membres des forces de sécurité égyptiennes.

Côté égyptien, par contre, l’enquête n’a jamais abouti. L’arrestation de Patrick Zaki a donc réveillé de très mauvais souvenirs, d’autant que les accusations portées contre lui concernent les Coptes chrétiens dont les Italiens – et le Vatican - se sentent naturellement proches.

Il faut se souvenir qu'il y a entre 60 et 70 000 prisonniers d'opinions en Egypte : des avocats, des journalistes, des blogueurs, des militants des droits Humains, des universitaires et, bien sûr, des milliers de militants islamistes. Jamais le pays n’avait connu une telle vague de répression. La torture et les coups sont systématiques.

D’ailleurs Patrick Zaki a été battu et torturé à l’électricité, selon ses avocats. Alors sa libération, même conditionnelle, est certes une vraie victoire mais qui ne doit pas faire oublier l’horreur des procès sans appel et des prisons sans espoir en Égypte, aujourd’hui.

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