Matteo Salvini devant un tee-shirt à l'effigie de Poutine tendu par le maire de Przemysl ©Maxppp - DAREK DELMANOWICZ
Matteo Salvini devant un tee-shirt à l'effigie de Poutine tendu par le maire de Przemysl ©Maxppp - DAREK DELMANOWICZ
Matteo Salvini devant un tee-shirt à l'effigie de Poutine tendu par le maire de Przemysl ©Maxppp - DAREK DELMANOWICZ
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Résumé

Le chef de La Lega, le parti populiste d'extrême-droite italien, a voulu rendre visite aux réfugiés ukrainiens dans un camp d'accueil à la frontière ukraino-polonaise. Mal lui en a pris.

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Direction la frontière polono-ukrainienne ce matin. Une frontière où s’est rendu hier Matteo Salvini, le chef de la Lega, le parti populiste d’extrême-droite italien. Il voulait rencontrer des réfugiés ukrainiens pour prendre la mesure du désastre et apporter le soutien de l’Italie. Rien ne s’est passé comme prévu !

Un tee-shirt à l'effigie de Poutine

Sitôt arrivé à Przemysl, le maire de la ville lui a tendu un T-shirt à l’effigie de Vladimir Poutine et, devant les micros tendus, il a cueilli le sénateur italien d’un : "Allons ensemble dans un centre pour réfugiés voir ce que votre ami Poutine a fait".

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"50 000 Ukrainiens franchissent cette frontière par jour", a poursuivi M. le maire, "alors allons-y, mais à condition que vous portiez ce t-shirt". Matteo Salvini, déconfit, s’est éloigné en maugréant "Désolé, désolé… on aide les réfugiés".

Ce vêtement floqué du visage du président russe a, en fait, une longue histoire. En novembre 2014, Matteo Salvini se rend à Moscou : il s’oppose aux sanctions européennes contre la Russie suite à l’annexion de la Crimée. On est quelques mois à peine après la Révolution ukrainienne de Maïdan.

Et pour bien signifier sa proximité avec le maître du Kremlin, Matteo Salvini, tout sourire, le pouce levé, sur la place rouge, porte un T-shirt à l’effigie de Vladimir Poutine où il est écrit "armée de Poutine".

C’est le même t-shirt que le maire polonais lui a tendu hier

La presse italienne s’est empressée de rapporter l’incident et de rappeler les mots de Salvini ce jour funeste de 2014 : "Des hommes comme Poutine, il en faudrait des dizaines".

Il voulait par cette initiative se racheter une conscience et un avenir politique ! Dès le 1er jour de l’invasion russe, il est allé déposer des fleurs devant l’ambassade ukrainienne. Il s’est même rendu sur le tombeau de Saint-François à Assise afin de "prier pour la paix" en Ukraine.

Tout pour faire oublier ce qu’il avait dit, toujours sur la Place rouge, en 2018 cette fois, alors qu’il était ministre de l’Intérieur de la république italienne :

"Moscou, ville propre, sans SDF, sans clandestins, sans roms, où l’on vit sans peur et où la police fait discrètement son travail. Pourquoi est-ce possible ici en Russie et pas chez nous, en Italie ?". En fait, il n’est même pas le seul leader européen à aller ainsi à Canossa !

C'est le cas aussi du populiste hongrois Viktor Orban qui doit affronter des législatives le 3 avril et qui, depuis 12 ans qu’il est au pouvoir, n’a cessé de marquer sa proximité avec Vladimir Poutine et qui, début février encore, était au Kremlin pour mendier du gaz russe à bas prix.

Trois semaines plus tard, après avoir traîné les pieds, il a dû adopter toutes les sanctions de l’Union européenne. Celui qui défie l’Europe et ses valeurs depuis des années s’est même vu contraint de déclarer : « le plus important, c’est l’unité de l’Europe ».

Tout pour conserver son poste de Premier ministre, même l’humiliation et donc faire sienne cette cruelle citation d’Edgar Faure : "Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent".

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L'équipe

Anthony Bellanger
Anthony Bellanger