Les étudiants indiens ont du plancher sur un texte misogyne en décembre 2021 ©AFP - Anindya Chattopadhyay / The Times of India / The Times of India
Les étudiants indiens ont du plancher sur un texte misogyne en décembre 2021 ©AFP - Anindya Chattopadhyay / The Times of India / The Times of India
Les étudiants indiens ont du plancher sur un texte misogyne en décembre 2021 ©AFP - Anindya Chattopadhyay / The Times of India / The Times of India
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Résumé

Les élèves indiens ont dû plancher sur un texte ouvertement misogyne lors d'un examen national. Les réactions ont été à la mesure du scandale.

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La scolarité en Inde est toujours une affaire d’examens : à toutes les étapes de la vie scolaire, les enfants, puis les adolescents, passent des tests si compétitifs que, régulièrement, des affaires de triche, parfois à l’échelle d’une région, sont découvertes.

En clair, réussir ses examens c’est du sérieux et ça conditionne l’avenir de millions de jeunes Indiens. Parmi ces tests, deux sont particulièrement importants : les examens de 10e et 12e année, qui correspondent plus ou moins au brevet des collèges et au bac.

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L’examen national de 10e année, c’était justement ce week-end. Parmi les matières figuraient bien sûr l’anglais. Or, cette année les étudiants ont eu à concourir sur un drôle de texte dont ils devaient maîtriser la compréhension : un texte ouvertement misogyne !

Les femmes s'émancipent et les hommes chutent de leur piédestal

Lisons-le ensemble ! « L’émancipation des femmes a détruit l’autorité des parents sur leurs enfants et fait chuter l’homme de son piédestal, la mère et l’épouse se privant elle-même dans les faits des moyens de la discipline ».

Et plus loin : « ce n’est qu’en acceptant la volonté de son mari qu’une mère peut gagner l’obéissance sur les plus jeunes et le fait que les épouses cessent d’obéir aux maris est la principale raison pour laquelle les enfants et les domestiques sont indisciplinés ».

De la salle de classe au Congrès des députés

Les réactions ont été immédiates : d’abord de centaines d’étudiants qui, aussitôt sortis de classe, ont publié sur les réseaux sociaux leur effarement. Ce qui est courageux de leur part lorsqu’on sait combien les résultats de ces tests sont cruciaux pour ces ados.

Ensuite, leurs parents dont certains ont aussitôt saisi le Bureau central de l’éducation secondaire, le très respecté CBSE, pour exiger des explications ; enfin, les politiques, à commencer par Sonia Gandhi, présidente du Parti du Congrès et figure de l’opposition.

En pleine séance de la Lok Sabha, le Parlement indien, elle a exprimé son « dégout » devant un texte « atroce », « arriéré et choquant » faisant preuve d’une « évidente misogynie ». Puis elle est sortie, suivie de l’ensemble de son groupe parlementaire.

Une guerre des mémoires et des valeurs

Devant l’ampleur de la polémique, le CBSE a dû hier battre en retraite. Les étudiants ont tous obtenu le maximum de points pour cette partie de l’examen. Une façon à peu près honorable d'annuler le texte contesté.

Mais ce n’est pas la première fois qu’un examen du CBSE pose un problème : en mars, un énoncé a semblé minimiser les meurtrières émeutes antimusulmanes de 2002 dans le Gujarat. Un État dirigé à l’époque par l’actuel Premier ministre, Narendra Modi.

En fait, il y a une véritable « guerre des mémoires et des valeurs » en Inde : la vision traditionnaliste est portée par le parti de Narendra Modi qui, visiblement, a fait des écoles et des programmes scolaires un champ de bataille de plus en plus assumé.