Des religieuses des Missionnaires de la Charité assistent à une prière spéciale pour marquer le 111e anniversaire de la naissance de Mère Teresa -2021, Calcutta ©AFP - Dibyangshu SARKAR
Des religieuses des Missionnaires de la Charité assistent à une prière spéciale pour marquer le 111e anniversaire de la naissance de Mère Teresa -2021, Calcutta ©AFP - Dibyangshu SARKAR
Des religieuses des Missionnaires de la Charité assistent à une prière spéciale pour marquer le 111e anniversaire de la naissance de Mère Teresa -2021, Calcutta ©AFP - Dibyangshu SARKAR
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Résumé

Les Missionnaires de la Charité, la congrégation fondée par Mère Teresa de Calcutta, ne pourront plus recevoir de dons de l'étranger. Ainsi en a décidé le gouvernement de Narendra Modi.

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En Inde, le gouvernement s’en prend à l’organisation de Mère Teresa, les fameux Missionnaires de la Charité, une mission fondée en 1950 par Mère Teresa et qui œuvre pour soulager la pauvreté mais aujourd’hui dans le monde entier. L’Inde, et plus précisément Calcutta, en est le berceau.

Or le ministre indien de l’Intérieur ne renouvellera pas la licence qui permet aux Missionnaires de recevoir des dons de l’étranger. Des financements essentiels pour cette organisation qui, entre autres, gère en Inde des hospices et des orphelinats.

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La décision a été publiée lundi mais le ministère a tenu à faire savoir qu’il avait adressé son refus "le jour de Noël", histoire d’ajouter l’humiliation à la ruine.

Les Chrétiens, ces prosélytes impénitents

Officiellement, le ministère explique que la Congrégation ne remplit plus les critères requis pour obtenir cette licence. Mais tout le monde sait en Inde que les Missionnaires de la Charité sont depuis toujours dans le viseur des hindouistes radicaux.

Certains l’expriment même sans détour. En 2015, un dirigeant hindouiste avait déclenché un débat national en expliquant que « Mère Teresa ne servait pas les pauvres uniquement par altruisme mais aussi pour les convertir au christianisme ».

C’est un vieux fantasme que cette histoire : l’idée que les « religions abrahamiques », comme disent les hindouistes qui mettent dans le même sac christianisme et islam, veulent à tout prix convertir les fragiles Hindous en leur offrant secours et assistance.

Les mêmes reprochent aussi aux Missionnaires leur rattachement direct au pape, autrement dit à une autorité étrangère. Les Chrétiens, comme les Musulmans d’ailleurs, sont donc soupçonnés d’être une sorte de 5e colonne aux ordres de l’étranger.

Des agressions anti-chrétiennes à la hausse

Les Missionnaires de la Charité sont plutôt les derniers d’une longue liste. Depuis l’arrivée au pouvoir en 2014 de Narendra Modi, qui est issu de ces hindouistes radicaux, des dizaines de missions chrétiennes ont dû fermer, privées de leurs financements étrangers.

Par ailleurs, entre 2016 et 2019, les attaques contre les Chrétiens ont augmenté de 60% et, rien que pour les 9 premiers mois de cette année, on a recensé plus de 300 agressions. Je ne parle que ce celles qui ont fait l’objet d’une plainte !

A Agra dans l’Uttar Pradesh, il y a quelques jours, des effigies du Père Noël ont été brulées devant des écoles chrétiennes alors que la foule hurlait qu’on tentait de convertir les enfants avec des cadeaux et des sucreries.

Dans l’Etat d’Assam, une Eglise presbytérienne a été envahi et la foule a exigé que les Indiens présents quittent l’office. Toujours le même soupçon de conversion forcée. Dans l’Etat d’Haryana, c’est une statue de Jésus qui a été détruite et une église dévastée.

Les Chrétiens, des musulmans comme les autres

Les Chrétiens c’est 2% de la population indienne. Une infime minorité soupçonnée d’être prosélyte, à la solde de l’étranger, voire de contrôler en sous-main les médias et la finance. Ces mêmes accusations frappent aussi les 15% de Musulmans indiens.

Autrement dit pour les Hindouistes radicaux, en termes d’opprobre, de préjugés et parfois de violence, les Chrétiens d’Inde sont des Musulmans comme les autres.

Références

L'équipe

Anthony Bellanger
Anthony Bellanger