Varsovie manque de logements pour accueillir les réfugiés ©Getty - Gallo Images
Varsovie manque de logements pour accueillir les réfugiés ©Getty - Gallo Images
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Résumé

C'est une cité entière appartenant à la Russie et située en plein cœur de Varsovie que le maire de la capitale polonaise a récupéré de haute lutte pour en confier les clés aux réfugiés ukrainiens.

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Direction à Varsovie pour se rendre dans une cité des année 1970

Une de ces cités dont on connait bien l’aspect, avec ses immeubles de béton, ses courettes cimentées, ses appartements tous identiques. Elle se situe en plein centre de la capitale polonaise et est abandonnée depuis au moins vingt ans.

Les voisins la connaissent sous le nom de « espionville » ou de « cité du KGB » parce qu’elle a été construite à la fin des années 70 pour loger les employés de l’ambassade de Russie. Mais tout le monde savait dans le quartier que le KGB la contrôlait.

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A la chute de l’URSS, un accord avait été trouvé avec le gouvernement polonais : la Russie a loué l’endroit pour 20 ans. L’ambassade a continué à l’utiliser jusqu’au début des années 2000, puis l’endroit est resté désert et abandonné.

En fait, la Russie avait beau ne plus l’utiliser, elle refusait de le rendre, employant des agents de sécurité pour le garder et enserrant l’ensemble de barbelés. Il a donc fallu entamer une bataille judiciaire pour tout récupérer.

En 2016, un premier jugement a condamné la Russie pour occupation sans titre

Mais l’ambassade a refusé d’exécuter l’ordre… jusqu’au mois dernier ou un dernier jugement a rendu la propriété de cette cité fantôme à la mairie de Varsovie.

En fait, l’endroit a continué à servir pour des projets parfois louches. Une boite de nuit appelée Club100, a par exemple un temps occupé le terrain où seuls les Russes pouvaient entrer et où, selon les riverains, « il y avait plus de kalashnikovs que d’invités ».

La Russie s'est entêtée à conserver ces ruines par principe !

Avec l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, Moscou s’est mis à défendre le concept de « Russkiy Mir » ou « Monde Russe » : le droit inaliénable de la Russie à exercer sa souveraineté sur des endroits parfois situés au bout du monde.

Il peut s’agir d’un immeuble à Cuba, du cimetière et de l’église orthodoxe russe à Nice, dont Moscou revendique la propriété, voire de l’Ukraine tout entière ! C’est ce concept de « Russkiy Mir » qu’utilise d’ailleurs le Kremlin pour justifier l’invasion du pays.

C’est mal connaître les Polonais !

La semaine dernière le maire de Varsovie, Rafal Trzaskowskii, armé d’une scie à métaux et du dernier jugement d’expulsion du tribunal, a personnellement découpé les barbelés pour reprendre possession d'« espion-ville ».

L’Ambassade russe a bien protesté de cette « occupation » illégale mais était impuissante. Dans sa prise de possession, le maire était par ailleus accompagné de l’ambassadeur d’Ukraine. Pour une raison assez émouvante :

La mairie de Varsovie a besoin de tous les logements disponibles, pour loger le million de réfugiés ukrainiens de la capitale. La « cité du KGB » semble le lieu idéal pour cela, dans un ultime rebondissement.

Références

L'équipe

Anthony Bellanger
Anthony Bellanger