L'huile de palme malaysienne a la cote ©Getty - Bloomberg Creative
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Résumé

La guerre en Ukraine a perturbé le marché mondial des huiles comestibles. La Malaisie en pour exporter comme jamais son huile de palme.

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Les producteurs malaisiens d’huile de Palme se frottent les mains…

On n’avait jamais vu ça en Malaisie : le mois dernier, les exportations d’huile de palme ont augmenté de moitié ! Et les chiffres région par région donnent le tournis : l’Inde a augmenté ses achats de 20%, l’Union européenne itou.

De partout dans le monde, les acheteurs se précipitent : le Moyen-Orient, l’Asie centrale et certains pays ont même en urgence augmenté leurs commandes de 100%. C’est d’autant plus incroyable que les prix ont aussi atteint un pic de plus 1 500$ la tonne !

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La guerre en Ukraine et l'Inde qui panique

C’est une des conséquences les plus inattendues de l’invasion de l’Ukraine : le pays est un des tout premiers producteurs et exportateurs au monde d’huile de colza et de tournesol. La guerre a évidemment interrompu les livraisons.

Or l’Inde, par exemple, importait 200 000 tonnes par mois d’huile de tournesol ukrainienne. Le sous-continent indien est même le premier importateur mondial d’huile comestible. New Delhi a d’abord tenté d’en importer de Russie.

Sauf qu’aucun navire ne s’aventure plus dans la mer Noire, d’où partent les exportations russes. L’Inde a bien lorgné sur l’huile de soja sud-américaine sauf qu’une mauvaise récolte a réduit de 20% la production. Le pays a dû à contrecœur se tourner vers la Malaisie.

C’est là que l’affaire prend une tournure très ironique !

En 2020 et pour des raisons strictement politiques, l’Inde s’est fâchée avec la Malaisie et a unilatéralement décidé de se passer de son huile de palme.

Ça n’a pas suffi pour ruiner les producteurs malaysiens mais pour les vexer, oui ! Donc lorsque deux ans plus tard, l’Inde est venu quémander à Kuala-Lumpur quelques milliers de tonnes d’huile de palme, on n'a rien dit côté malaisien mais on a ronronné de plaisir.

Même peine pour les Européens, d’ailleurs. Depuis plusieurs années, ils ne cessent de faire la leçon aux Malaisiens sur le côté peu écologique des gigantesques plantations de palmiers à huile qui avalent de la forêt vierge et remplacent des cultures vivrières.

C’est un peu, « revenez, on oublie tout ! » et surtout les chicailleries écolos !

A priori, que du bonheur pour la Malaisie ! Sauf que le pays est confronté à un problème grave.

Pas un problème de plantations, il dispose de tout l’espace nécessaire pour défricher et produire plus et vite. Non : La Malaisie a un problème de main-d’œuvre !

80% de ceux qui travaillent dans les plantations sont des migrants essentiellement indonésiens.

Or, avec la Covid et les restrictions aux frontières, leur nombre a fondu ! 180 000 travailleurs étrangers sont certes attendus dans les semaines à venir !

Mais il en manquera tout de même 75 000 pour l’ensemble des récoltes. C’est donc en grande partie raté pour cette année. Par contre, si la guerre en Ukraine dure… Allez une, deux voire plusieurs années de plus… Alors ce sera le jackpot pour la Malaisie !

Références

L'équipe

Anthony Bellanger
Anthony Bellanger