Paul Kagamé, le président rwandais, au sommet du Commonwealth à Kigali, en 2022.
Paul Kagamé, le président rwandais, au sommet du Commonwealth à Kigali, en 2022. ©AFP - Simon MAINA / AFP
Paul Kagamé, le président rwandais, au sommet du Commonwealth à Kigali, en 2022. ©AFP - Simon MAINA / AFP
Paul Kagamé, le président rwandais, au sommet du Commonwealth à Kigali, en 2022. ©AFP - Simon MAINA / AFP
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Au Rwanda, porter une robe un peu trop osée peut vous envoyer en prison...

L'été dernier, une jeune rwandaise en a fait les frais. L'objet du crime, la robe transparente sur culotte noire, qu'elle a mise pour assister à un concert cet été à Kigali.

Elle a été prise en photo par un spectateur. Cette image a circulé sur twitter. Elle a été arrêtée et inculpée pour comportement indécent, a passé dix jours en prison avant d'être libérée sous la pression des internautes .

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Car ce n'est pas la première fois que la justice rwandaise s'en prend ainsi aux jeunes femmes jugées trop délurées.

Les autorités justifient ce puritanisme par la lutte contre les grossesses adolescentes.

Une sorte de police des moeurs pour "la bonne cause".

C'est tout le paradoxe du Rwanda.

Une société dont Paul Kagamé, au pouvoir depuis 22 ans, essaie de faire un état modèle.

Une nation qui ne serait plus associée au mot génocide.

Un exemple de développement économique, champion du développement durable, un paradis pour l'innovation technologique.

Une renaissance totale sur les ruines du génocide qui a fait 800 000 morts et totalement détruit le pays.

Et pour cela, Paul Kagamé a choisi la méthode forte.

Répression de toute opposition, presse muselée et contrôle de la population, dans les moindres détails.

La cigarette? Interdite partout en public. Les Rwandais doivent se cacher pour fumer.

Le sport! Deux fois par mois, la circulation est interdite pour obliger les gens à faire de l'exercice.

Ces jours là, la population est invitée à faire des check-up gratuits pour dépister diabète, hypertension, obésité...

Et le ministère de la santé fait le suivi... Impossible de se planquer et de se laisser aller.

La Drogue... Face à ce fléau qui a fait des ravages dans une population traumatisée par le génocide, c'est tolérance zéro.

Junkies et dealers sont exhibés dans les stades.

La corruption est combattue avec acharnement.

Gare à celui qui jette un papier dans la rue. Amende immédiate.

Le pays est d'une propreté impressionnante.

Les citoyens, même les plus pauvres ont obligation de porter des chaussures.

Les sacs en plastique sont interdits depuis belle lurette, et les voyageurs sont invités à laisser les leurs dans l'avion avant de poser un orteil sur le sol rwandais.

Dans l'esprit de Paul Kagamé ce sont la morale, le sport et la discipline qui ont fait de lui un survivant, un chef de guerre inflexible.

Et à ceux qui parlent de dictature, il répond que c'est cela qui permet au Rwanda, avec sa croissance et sa stabilité insolente d'être une incongruité dans sa région, l'Afrique des grands lacs, ravagée par la violence et la pauvreté.

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