Capture d'écran du clip de Hassan Shakosh, visionné plus de 500 000 fois. - Capture d'écran
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Résumé

Le syndicat des musiciens égyptiens prive de licence professionnelle des musiciens accusés de pervertir la jeunesse avec leurs chansons.

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En Egypte, le plus gros pays producteur de musique du monde arabe, où que l'on aille, il y a toujours de la musique, toujours une radio allumée, les égyptiens ont ça dans le sang. Et la musique chaabi, la musique populaire ressemble souvent à ça , un peu de derbouka, des paroles parfois un peu gnangnan, des histoires d'amour impossibles comme celle-ci chantée par Hassan Shakosh, qui parle d'un jeune homme amoureux de la fille de son voisin.

Jusque là tout va bien... Et puis vient ce refrain:

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Si tu me quittes, je serai paumé, j'boirai de l'alcool et je fumerai du hash...

Et là... Gros scandale... Car ce genre musical, le mahraganat  ne plaît pas du tout au syndicat des musiciens égyptiens qui estime que ces paroles sont contraires aux valeurs de l’Égypte et qu'elles pervertissent la jeunesse.

Une jeunesse qui s'est pourtant ruée sur ce clip qui cumule plus de 500 millions de vues sur YouTube.

Et c'est pourquoi le syndicat a tout simplement décidé de retirer leur licence de travail à 19 jeunes interprètes de mahraganat.

Les syndicats professionnels en Egypte ont un pouvoir énorme. Il en existe pour tous les métiers, enseignants, avocats, musiciens, donc. Des syndicats qui sont en fait inféodés à l'état et qui ont le droit de vie et de mort professionnelle, si j'ose dire, sur leurs membres.

Si vous êtes exclu du syndicat, vous n'avez tout simplement plus le droit d'exercer en public, de faire des concerts, de passer à la radio, à la télé, de commercialiser votre musique, bref, vous n’êtes plus rien.

Il faut savoir qu'en Egypte, porter atteinte à l'image du pays est un délit. Or, cette musique qui parle de drogue, d'alcool abîme cette image. Et qu'importe que des millions de personnes se retrouvent dans cette description d'une Egypte jeune, plombée par le manque d'avenir, le chômage, la censure morale...

Une jeunesse qui comme ailleurs aspire à avoir une vie sexuelle, faire la fête, se rebeller...

C'est une jeunesse qui pensait pouvoir s’émanciper du poids de cette société conservatrice et patriarcale il y a dix ans avec la révolution, et qui s'est pris le boomerang en pleine face, avec un pays plus répressif que jamais, et un pouvoir qui a décidé de mettre la jeunesse au pas pour lui passer l'envie de se révolter à nouveau.

Mais grâce aux réseaux sociaux, ce matin, sur France Inter, on écoute donc du mahraganat... Rassurons-nous donc :  il en faudra plus pour faire taire la jeunesse égyptienne.

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L'équipe

Claude Guibal
Claude Guibal
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Production