Avec la Covid-19, et le Brexit, l'Europe de l'Est retrouve une partie de ses forces vives ©Getty - 123ducu
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Avec la Covid-19, et le Brexit, l'Europe de l'Est retrouve une partie de ses forces vives ©Getty - 123ducu
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Résumé

Partout à l'est de l'Europe, la Covid a accéléré un mouvement de "remigration". C'est un problème pour l'Ouest de l'Europe qui manque cruellement de main d'oeuvre.

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Direction la Bulgarie où la Covid n’apporte pas que de mauvaises nouvelles. Même si l’épidémie en a apporté beaucoup, il faut d’abord dire que la Bulgarie a 2 fois et demie plus de morts par million d’habitants que la France et surtout, qu'un tiers seulement de la population est entièrement vacciné : un des taux les plus bas d’Europe.

Mais c’est vrai qu’un phénomène totalement inattendu s’est produit en quelques mois : le retour des Bulgares de l’étranger. Il faut savoir que Bulgarie est, avec la Lituanie, le pays dont la population a le plus baissé au monde, passant de 9 à 7 millions en 30 ans.

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Le pays le plus pauvre de l’Union européenne s’est littéralement vidé de sa jeunesse partie en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas et surtout, au Royaume-Uni. 

Eh bien, depuis la mi-temps de l’année dernière, plus de 500 000 Bulgares sont revenus au pays.

Ça ne signifie pas que les départs ont totalement cessé mais pour la première fois en plus de 10 ans, le solde migratoire bulgare est redevenu positif. 

Surtout, ce sont des actifs expérimentés qui reviennent, après de solides formations en Europe de l’Ouest.

La Covid, accélérateur de "remigration"

C'est toute l’Europe de l’Est qui commence à revoir les siens. Certains ont même pris de l’avance : l’Estonie a un solde migratoire positif depuis 2017 ; la Pologne, depuis 2016 et la Lituanie a connu son premier rebond démographique l’année dernière.

En fait, la Covid a simplement servi d’accélérateur et les raisons sont assez évidentes : tous ces pays ont connu une amélioration spectaculaire des salaires et des conditions de vie. Le meilleur exemple est la Tchéquie :

Aujourd’hui, le niveau de vie des Tchèques représente 93% de la moyenne européenne. Ce n’est plus très loin de la France avec 103% ! De plus, si les salaires sont bas en Europe de l’Est, le logement et le coût de la vie le sont encore plus : l’un dans l’autre, autant rentrer chez soi ! Enfin, il y a le Brexit.

Le Grande-Bretagne doublement pénalisée

Souvenez-vous : à compter de 2004, la Grande-Bretagne a ouvert grand ses portes aux Européens de l’Est. Au pic de cette migration, il y avait 5 millions de Polonais, Roumains, Bulgares et autres Lituaniens.

Or, depuis 2016 et le référendum sur le Brexit qui s’est joué largement sur le thème de l’immigration, on parle d'un million et demi d’Européens – essentiellement de l’Est – qui auraient quitté le Royaume-Uni. Là-aussi, la Covid a accéléré le phénomène.

En un an, de 200 à 300 000 Européens supplémentaires sont repartis chez eux. La question est donc : reviendront-ils ? Une 1ère réponse est assez désespérante pour Boris Johnson qui avait proposé à l'automne 5000 visas de chauffeurs routiers : à peine 300 ont trouvé preneurs.

Mais la Belgique, les Pays-Bas, l’Autriche et donc le Royaume-Uni, tous enregistrent aussi des chiffres records d’emplois non pourvus. 

Alors bien sûr la « remigration » des Européens de l’Est n’explique qu’en partie ce phénomène mais il l’aggrave beaucoup.

En Allemagne, c’est près d'un million de postes qu’il faut pourvoir et le nouveau chancelier et ses alliés veulent faire venir 400 000 travailleurs par an. Pour les attirer : des visas, des formations, des salaires augmentés pour les faire venir, revenir et les retenir à tout prix.