Détail de l'affiche de La chronique des Bridgerton avec Regé-Jean Page et Phoebe Dynevor
Détail de l'affiche de La chronique des Bridgerton avec Regé-Jean Page et Phoebe Dynevor
Détail de l'affiche de La chronique des Bridgerton avec Regé-Jean Page et Phoebe Dynevor - Netflix
Détail de l'affiche de La chronique des Bridgerton avec Regé-Jean Page et Phoebe Dynevor - Netflix
Détail de l'affiche de La chronique des Bridgerton avec Regé-Jean Page et Phoebe Dynevor - Netflix
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Résumé

Depuis que la télé existe, les séries aiment revisiter des personnages, des univers et des histoires situées tout au long du XIXème siècle. Comment peut-on l'expliquer ? La preuve avec Sherlock, Bridgerton et même Rocambole !

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Depuis que l’art des séries télé existe, régulièrement les auteurs aiment mettre en scène des héros venus tout droit du XIXème siècle. Aux États-Unis, via le  western, c’était d'ailleurs un moyen idéal de se replonger et de se raccrocher aux racines mythologiques fantasmées de leur pays ... entre tradition et modernité.

54 min

En France en 1964 à la création de la 2ème chaine de la RTF, pour se démarquer dans ses programmes, on mise alors sur la forme du feuilleton. Et c’est ainsi que tous les soirs débarque, à l’heure de Plus belle la vie, un certain Rocambole.

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Héros d’un roman feuilleton de Ponson du Térail publié à l’origine, un siècle plus tôt, dans la presse de la fin des années 1850, il fait naturellement son retour à la télé sur un air d’un certain Jacques Loussier qui signera bientôt aussi le générique de Vidocq. Rocambole c’est l’exemple parfait qui démontre que si on en revient si souvent au XIXème, c’est parce qu’au fond, les premiers auteurs des séries télé du XXème n’étaient que les héritiers des écrivains et feuilletonistes du siècle précédent. 

Aujourd’hui encore, de nombreux scénaristes et showrunners de séries aux États-Unis comme ailleurs se revendiquent des feuilletonistes

Les créateurs de Lost ont par exemple souvent évoqués les français Jules Verne ou Eugene Sue comme des références. 

Idem à Londres où les auteurs de séries, ont autant grandi avec l’œuvre de Shakespeare qu’avec celle de Charles Dickens ou de Conan Doyle et de son célèbre détective de Baker Street. Il n’est donc pas étonnant, je dirai même élémentaire, que Sherlock Holmes soit un personnage si régulièrement visité à la télé et dont l’une des meilleures adaptations restent celle pour la télé des années 80 avec Jeremy Brett. 

Holmes revient et se modernise avec tout autant de brio sous les traits de Benedict Cumberbatch dans Sherlock au XXIème siècle, la preuve que l’esprit de Conan Doyle flotte encore sur le récit sériel télévisuel pour le meilleur comme pour le pire : une excellente relecture médicale dans Dr House ou un gloubi-boulga indigeste dans les irréguliers de Baker Street sur Netflix.

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Dans les séries télé finalement, comme disait Lavoisier, "rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme". 

Et si les œuvres du XIXème inspirent tant celles d’aujourd’hui c’est qu’au-delà de la richesse des univers explorés dans la littérature de cette époque, de l’enquête criminelles aux voyages fantastiques, entre révolutions industrielles, luttes des classes ou rêves d’émancipations, les enjeux qui émergent durant cette période restent aussi très pertinent aujourd’hui. 

Pas étonnant donc que les séries contemporaines replongent aussi avec délectation dans l’ère prévictorienne dans l’esprit du romantisme de critique sociale à la Jane Austen. Dernier exemple en date, La chronique des Bridgerton qui a cartonné à Noël sur Netflix. 

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Une série qui a clairement été écrite sous cette influence, la série a d’ailleurs été tournée en partie dans la ville de l’écrivaine … À Bath … Le "Jane Austen spirit" c’est toujours pratique au XXIème pour parler de féminisme et de patriarcat le tout dans une ambiance romantique qui supporte bien le glamour … 

Et où on brûle toujours d’amour... toujours ! 

=> Retrouvez Benoît Lagane, tous les samedis, dans Une Heure en Séries au côté de Xavier Leherpeur