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Résumé

Juliette Arnaud a relu pour nous, non pas un essai, non pas une autobiographie, ni même de la philosophie, mais bel et bien un roman écrit par Simone de Beauvoir, théoricienne de la plus grand révolution du XXe siècle.

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Ceci n’est pas un essai comme Le Deuxième Sexe, ceci n’est pas non plus un récit autobiographique comme Mémoires d’une jeune fille rangée, ceci est un roman. Ecrit par une femme qui ne souhaitait pas, merci bien, qu’on l’appelle « femme de lettres » vu qu’on ne dit pas « homme de lettres » quand on parle de Sartre par exemple,  vu qu’elle était comme lui agrégée de philosophie, et vu aussi qu’elle a été la théoricienne de la plus grande révolution du XXième siècle : la révolution féministe.

Mais là, je mets la charrue avant les bœufs, là on est en 1943, date de la publication du roman ou plutôt en 1939, époque de l’intrigue de cette fiction. Fiction de 400 pages avec des personnages, des péripéties, des changements de focales de narration, mais avant une épigraphe.

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Attention c’est pas la dédicace. La dédicace c’est quand on dédie par exemple le livre à son chien (ce qui est bien n’importe quoi vu qu’un chien ça préfère les croûtes de fromage comme cadeau mais bon) : « A Gros qui était une meilleure personne que moi même si c’était un chien ».

Non, l’épigraphe c’est à dire une courte citation qu'on met en tête d'un ouvrage pour en indiquer l’esprit et ici pour cette oeuvre littéraire, une citation de philosophe : « Chaque conscience poursuit la mort de l’autre », Hegel. Là, Simone, tu nous embrouilles. De la philosophie pour éclairer tes intentions romanesques, et puis alors pas n’importe quel philosophe, une terreur, le gars de la Phénoménologie de l’esprit, Georg Wilhelm Friedrich Hegel et si la citation est courte, il y a le mot « mort » quand même à l’intérieur. Faites confiance à Simone pour ne pas faire de marketing foireux, mort il y aura. 

Mais faites lui aussi confiance, ceci est un roman, pas de la philo.  Une femme de 30 ans et un homme du même âge, elle écrit, il est metteur en scène de théâtre, ils travaillent ensemble et ils s’aiment. Pierre dit, et Françoise est d’accord : « Toi et moi on ne fait qu’un, c’est vrai tu sais, on ne peut pas nous définir l’un sans l’autre ». Jusqu’ici c’est chouette. C’est pas la Guerre des Etoiles, mais bon. Mais, Pierre dit aussi : « On ne peut pas parler de fidélité ou d’infidélité entre nous ». Ah. Alors ce genre de phrase, n’est ce pas Alex, ça peut te faire penser qu’il va y avoir éléphant sous gravier. D’autant que le roman s’intitule L’invitée, « ée ». Bon.

Sauf que c’est Françoise qui invite une petite jeune fille provinciale et qui s’ennuie à périr dans sa province à les rejoindre à Paris, à Montparnasse plus précisément, à une époque où au Dôme ou à la Coupole des artistes brillants mais miséreux s’y réchauffaient à coups de cafés. Françoise est charmée par les histoires que lui raconte Xavière, un peu touchée par son désespoir adolescent, « Elle regarda avec amitié cette petite personne ombrageuse ».

Françoise et Pierre ont beau être des personnes de lettres, ils sont surtout dans ce qu’on appelle « la vraie vie », ils ont pas le time pour être ombrageux, ils montent des projets, ils jonglent avec l’argent comme ils peuvent, et ils peuvent pas beaucoup, ils se connaissent et s’aiment depuis des années, quand elle la jeune Xavière dit des phrases comme : « Je hais ces marchandages, si on ne peut pas avoir la vie qu’on désire, on n’a qu’à ne pas vivre ».

Oui, voilà, tout à fait nuancé, on dirait du Meurice. Bref, Xavière s’installe à Paris, aux bons soins de Françoise, qui trouve que définitivement la petite a tendance à tout prendre au tragique. Bon. Et dans le même temps, Pierre dit à propos de Xavière : « Elle est vraiment un peu charmante ». Mais c’est pas un problème, on est pas dans un vaudeville vu que « On ne peut pas parler de fidélité ou d’infidélité entre nous ». Ouais… on verra ça la semaine prochaine … 

Merci Bisous Merci

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Juliette Arnaud
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