Les journaux sont de plus en plus abonnés à la solidarité
Les journaux sont de plus en plus abonnés à la solidarité
Les journaux sont de plus en plus abonnés à la solidarité ©Getty
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Résumé

Aujourd'hui, Cyril nous parle des journaux qui font preuve de solidarité pour leurs lecteurs ou leurs non lecteurs, notamment en offrant des abonnements.

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La crise sanitaire a accéléré ces engagements. La Voix du Nord vient de relancer ses abonnements solidaires. Le principe : offrir le journal papier trois jours par semaine à ceux qui ne peuvent se le payer. Pour financer l’opération, chacun peut faire un don sur Internet et le journal double la mise. Les bénéficiaires sont désignés par des associations notamment les Petits Frères des pauvres. L’an passé, ils étaient 200. Gabriel d’Harcourt, le directeur de La Voix du Nord, explique que “l’objectif est de toucher des personnes isolées, modestes, pour qui le journal est le dernier lien social”

Tout a commencé quand il a reçu un courrier de lecteurs il y a un peu plus d’un an.

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Début mars 2020, un couple de nonagénaires de Cambrai écrit au directeur. Voici un extrait : “Je suis abonné depuis plus de 60 ans. Nous aimons votre journal. Cependant, notre situation financière ne nous permet plus de disposer d’un abonnement mensuel de 41,90 euros à cause de nos problèmes de santé. Nous aimerions continuer à recevoir ce journal car être tenu au courant nous permet de mieux vivre et de s’aérer l’esprit. Nous n’avons pas Internet et ne sortons que très peu. Ce journal représente pour nous alors une évasion, une bouffée d’oxygène.” Le couple termine en demandant si un abonnement gratuit est possible. 

Gabriel D’Harcourt poste alors l’émouvant courrier sur Twitter avec cette question : 

Et là, on fait quoi ? 

Des centaines de réponses. Beaucoup proposent de payer l’abonnement. La Voix du Nord l’offre évidemment. Et décide d’aller plus loin en créant l’abonnement solidaire. Dans les prochaines semaines, il sera même intégré au parcours client : en résumé dès qu’un nouveau lecteur s’abonnera, il lui sera proposé de participer à la cagnotte. 

La Voix du Nord vient même de créer un fonds de dotation pour financer toutes ses activités bienfaisantes notamment "Le Noël des déshérités", depuis 1946. Mais le quotidien basé à Lille n’est pas le seul à avoir des dispositifs solidaires. 

Impossible de citer les dizaines d’actions menées par les journaux pour accompagner les citoyens. Mais voici quelques exemples : depuis trente ans, pour favoriser la réinsertion, Ouest-France est distribué gratuitement dans les prisons de l’Ouest. Lors du premier confinement, ça a été le cas dans les hôpitaux pour beaucoup de titres nationaux. Midi libre avait ouvert une ligne téléphonique pour soutenir les soignants, La Montagne une boîte à dessins et les journaux régionaux ont publié chaque jour les attestations de sortie pour leurs lecteurs non connectés. Après les ravages de la tempête Alex, Nice-Matin a récolté 100 000 euros de dons pour les sinistrés. Autres exemples : la revue culinaire La Grenouille à Grande bouche reverse ses bénéfices à des associations tandis que la Revue sans A. porte la solidarité dans sa ligne éditoriale en rendant visible les invisibles, notamment les SDF. L’hebdo Le 1, lui, a offert ses invendus aux personnes concernées par de récents sujets : l’inceste ou la psychiatrie. 

Depuis quelques mois, les étudiants sont au cœur des actions de solidarité

Avant-hier, La Marseillaise a organisé la collecte #UrgenceJeunes dans ses locaux ; Centre France a lancé l’opération #AidonsLesEtudiants ; La Croix a récolté 200 000 euros avec la Fondation de France. L’opération Cours toujours du Courrier Picard a, elle, permis de récolter 7 500 euros pour les étudiants et les Restos du cœur. Les médias aident aussi les jeunes à s’informer : la nouvelle revue féministe La Déferlante propose des tarifs précaires, chômeurs et étudiants. Spécialisé dans la communication, Stratégie offre un abonnement à un étudiant tiré au sort dès qu’un autre, normal, est souscrit. Exemple rare : la souscription au média Impact(s) est libre. Chacun paie ce qu’il veut, ce qu’il peut.

Pour inciter les Français à s’abonner à la presse, l’Etat aussi met la main à la poche avec un crédit d’impôt qui vient d’entrer en vigueur dimanche. De quoi s’agit-il ? 

Concrètement, si vous vous abonnez à un journal ou à un magazine généraliste avant fin 2022, vous aurez droit à un crédit d’impôt équivalent à 30 % de la dépense. Mais il y a des conditions

  1. Vous ne devez jamais avoir été abonné à ce titre ou ne plus l’être depuis au moins 5 ans. 
  2. Il faut vous engager pour un an minimum
  3. Le crédit d’impôt n’est valable que pour un abonnement par foyer
  4. Seules les publications reconnues comme médias d’information politique et générale (IPG) sont concernées. 

C’est-à-dire la presse quotidienne ; les hebdomadaires régionaux et les généralistes . Elle vient d’y entrer. Au total, on y trouve plus de 550 titres et sites internet. Ce qui laisse le choix.   

Références

L'équipe

Cyril Petit
Production