Les marchands de presse, des commerces essentiels
Les marchands de presse, des commerces essentiels
Les marchands de presse, des commerces essentiels ©Getty - Jeff Greenberg/Universal Images Group
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Les marchands de presse, des commerces essentiels ©Getty - Jeff Greenberg/Universal Images Group
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Résumé

Ce matin, Cyril Petit donne des nouvelles des marchands de journaux. Même s’ils sont considérés comme essentiels et peuvent donc rester ouverts, ils restent fragiles...

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A Mèze, dans l’Hérault, le 29 mars, la maison de la presse a arrêté de vendre la presse pour se concentrer sur le reste. Celle de La Flèche, dans la Sarthe, a fermé quelques jours plus tôt : pas de repreneur pour le plus ancien commerce de la Grand rue. 

En plein centre de Nantes, c’est une institution vieille de 40 ans qui va s’éteindre en avril : la Maison de la presse Agora. La douzième plus grande de France, six salariés.

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En 2020, 1.068 points de vente de journaux ont disparu, surtout des petits. Il en reste 20.917. On en comptait 25.000 en 2015 ; plus de 30.000 en 2010.

Sur le site spécialisé placedescommerces.com, on trouve 2830 annonces de commerces de presse à reprendre. Un peu plus que les boulangeries, le triple des salons de coiffure, six fois plus que les boucheries mais trois fois moins que les restaurants.        

Il faut dire qu’en 2020, les marchands de journaux n’ont pas connu que le Covid... 

Il y a eu aussi la disparition de Presstalis, le distributeur historique de la presse en France, avec plusieurs semaines de perturbation des livraisons. “Un double séisme” dit Daniel Panetto, le président de Culture presse. 

Au final, selon une étude menée par son organisation, les encaissements presse des marchands spécialisés ont baissé de 4,2% en 2020.

Secteurs qui en ont profité (merci les confinements !) : la presse enfants, les magazines de jeux et les programmes TV. Secteurs en berne : les people (sale temps pour les paparazzis), les magazines de sport (compliqué sans compétitions) et la presse d’actualité générale (surtout les quotidiens nationaux).

Est-ce que le réflexe d’acheter le journal le matin chez son marchand est mort ? 

Confinements et télétravail ont accéléré la chute de l’achat quotidien d’un journal. 

Surtout la presse nationale : en janvier 2021, Libé a vendu en moyenne 9.000 exemplaires papiers chez les marchands ; Les Echos 5.500 ; Le Monde 26.000 ; Le Figaro 28.000. Des miettes. L’Equipe reste à 58.000 mais a beaucoup perdu.

Dans le même temps, les ventes numériques explosent et les éditeurs misent dessus ainsi que sur les abonnements. 

Selon une étude récente, les quotidiens nationaux pourraient avoir perdu 70% de leur tirage en 2025 par rapport à 2019 ; et les régionaux 30%. Autre détail : la fermeture des bistrots met fin au rituel café-canard. Et les marchands trinquent.   

Les kiosquiers parisiens souffrent-ils autant ?

Encore plus ! Au télétravail s’ajoutent la fuite des habitants pendant les confinements et l’absence des touristes. Hocine Drif, président du syndicat des kiosquiers installé près de Montparnasse, a perdu “40% de son chiffre d’affaire en 2020”. Certains renoncent même à ouvrir pour quelques euros. 

Souci : s’ils ferment, ils risquent de perdre la subvention de 700 à 800 euros octroyée par la mairie pour qu’ils vendent la presse. Un bras de fer est engagé avec la municipalité, qui nous a indiqué hier étudier la question. Tout en rappelant la possibilité de faire appel aux aides de l’Etat.

Pour nous remonter le moral, quelques nouvelles positives

D’abord, les marchands de presse ont quand même mieux résisté que d’autres commerces de proximité en cette annus horribilis. Ensuite, le premier trimestre 2021 est encourageant avec une hausse globale du chiffre d’affaires de 1,7 % par rapport à il y a un an, malgré la baisse catastrophique des ventes de quotidiens. Enfin, de belles aventures commencent :

  • A La Haye-Pesnel, dans la Manche, deux commerces déjà existants devraient reprendre la vente de journaux et magazines après la fermeture du marchand historique en décembre dernier. 
  • A Saint-Romain de Colbosc, en Seine-Maritime, le patron de la Maison de la presse veut tripler sa superficie cette année.
  • A Perros-Guirrec, dans les Côtes d’Armor, elle a été reprise par un couple de Franciliens le 1er avril. Ils voulaient changer de vie…   

Un grand merci aux quotidiens régionaux qui m’ont permis d’avoir accès à toutes ces histoires. Même si c’était en format numérique.

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