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Résumé

Dans la chronique de la Terre du mardi en partenariat avec Reporterre, Alexandre-Reza Kokabi nous parle de Total, qui veut devenir une compagnie plus verte..

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C’est le moment de retrouver Alexandre-Reza Kokabi pour la chronique du mardi en partenariat avec Reporterre, le quotidien de l’écologie Cette semaine, vous nous parlez de Total, qui veut devenir une compagnie plus verte. Dans une enquête publiée sur Reporterre, vous avez analysé sa stratégie. 

Est-elle à la hauteur pour lutter contre le changement climatique ? Mmmhhh… Disons qu’en façade, Total cherche à montrer qu’il se préoccupe vraiment du changement climatique. Le 28 mai prochain, lors de son Assemblée générale, la compagnie soumettra une stratégie climat au vote de ses actionnaires. Dans les médias, le PDG de Total Patrick Pouyané répète à l’envi que « Sans Total, la transition énergétique risque d’attendre longtemps ». Pour lui c’est clair, son groupe comme l’une des grandes « supermajors de l’énergie verte ». Objectif : atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

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Alors, face à tant de belles promesses, on a regardé la stratégie du groupe pétrolier dans le détail. Résultat : NON, Total n’est pas à la hauteur. Les énergies fossiles, pétrole et gaz, se taillent la part du lion et continueront d’augmenter. Total nous emmène tout droit vers le chaos climatique. Rappelons que la compagnie émet chaque année près de 450 millions de tonnes de CO2. C’est autant que les émissions de la France.

Comment Total nous emmène-t-il dans le mur ? Déjà, Total se dit très fier de produire du pétrole, et n’anticipe pas de baisse de sa production avant 2030. La compagnie va construire le plus long oléoduc chauffé au monde. Il va traverser l’Ouganda et la Tanzanie sur près de mille-cinq-cent kilomètres. Et tout ça, en détruisant des sites protégés et en expropriant des villages entiers.

Surtout Total mise gros sur le gaz. La compagnie en fait même le « pilier » de sa stratégie, avec un immense projet gazier en Arctique. Problème, cette énergie émet aussi du méthane. Un gaz qui a une énorme influence sur le réchauffement climatique. Il a un pouvoir réchauffant 86 fois supérieur au CO2 sur une période de vingt ans.

Mais dans le même temps, Total développe assez vite ses énergies renouvelables... Alors c’est sûr, dans tous ses documents officiels, Total se présente comme une future major de l’électricité et des énergies renouvelables. Et dans les faits, c’est plutôt vrai. Depuis dix ans, le géant pétrolier investit dans les panneaux et centrales solaires, mais aussi dans l’éolien et dans les batteries. Entre 2019 et 2020, sa capacité de génération électrique renouvelable a même plus que doublé. Pourtant elle reste encore marginale, puisque Total produit actuellement une unité d’énergie renouvelable pour 447 unités d’hydrocarbures. C’est peanuts.

En vous entendant, on a du mal à voir comment cette entreprise pourrait devenir neutre en carbone à l’horizon 2050...

C’est bien le problème. Total a bien quelques idées, plus ou moins saugrenues, pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. La compagnie cherche, par exemple, à séquestrer dans les sols le carbone qu’elle rejette. Mais les techniques pour y arriver ne sont pas au point, sont coûteuses, et très controversées.

Et pendant ce temps, le 28 mai prochain, lors de son Assemblée générale, Total s’apprête à distribuer 7,6 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires. Une somme qui aurait été bien utile pour financer un réel tournant stratégique du géant pétrolier. Et faire mieux qu’une petite touche de vert dans un océan de pétrole

avec Alexandre-Reza Kokabi pour la chronique du mardi en partenariat avec Reporterre, le quotidien de l’écologie 

Références