Déforestation sur les territoires pygmées en Afrique centrale, mai 1992 ©Getty - Georges MERILLON / Contributeur
Déforestation sur les territoires pygmées en Afrique centrale, mai 1992 ©Getty - Georges MERILLON / Contributeur
Déforestation sur les territoires pygmées en Afrique centrale, mai 1992 ©Getty - Georges MERILLON / Contributeur
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Résumé

On s'intéresse à la population des Pygmées en Afrique centrale qui vivaient jusqu’à, il y a peu, essentiellement de la chasse et de la cueillette. Avec Evelyne Heyer.

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De telles populations sont maintenant rares sur terre

Même si pendant presque toute notre histoire nous avons été chasseurs-cueilleurs, il y a plusieurs milliers d’années, nos ancêtres inventent l’agriculture et l’élevage. Cette invention fondamentale a lieu partout sur la planète et de manière indépendante. Grâce à ce nouveau mode de vie les populations d’éleveurs et d’agriculteurs font une très forte croissance démographique. Et, petit à petit, elles remplacent quasiment toutes les populations de chasseurs-cueilleurs, soit en se mélangeant génétiquement avec elles, soit parce que les chasseurs-cueilleurs se mettent à l’agriculture. Bref, il ne reste sur la planète quasiment plus de populations qui n’ont pas faite cette transition vers ce nouveau mode de vie.

Les populations pygmées restées chasseurs-cueilleurs

Elles vivent dans les forêts d’Afrique centrale. Ils forment le plus grand groupe de peuples sur la planète qui sont resté chasseurs-cueilleurs : quelques centaines de milliers d’individus. Outre ce mode de vie, ils ont une caractéristique qui a fasciné les premiers européens qui les ont rencontrés au XIXe siècle : ce sont des populations de faible stature. D’ailleurs, leur nom vient d’un peuple de la mythologie grecque qui signifie "haut d’une coudée". En moyenne, ils mesurent moins d’un mètre cinquante. Certainement une adaptation à la vie en forêt, bien qu’on n’en comprenne toujours pas clairement le mécanisme.

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Et pourquoi sont-ils important ? 

Ils nous éclairent sur des manières de vivre des chasseurs-cueilleurs : en petits groupes, qui migraient suffisamment entre groupes pour limiter la consanguinité, mais avec des échanges plus réduits que ne le feront les groupes d’agriculteurs. Ce sont des groupes sans chef, avec des systèmes sociaux très égalitaires, notamment dans la redistribution de nourriture. Ils ne pratiquent pas le stockage et l’accumulation, mais vivent plutôt au jour le jour. Dès 2 ans c’est tout le village qui s’occupe des jeunes enfants, hommes et femmes compris.

Surtout, la connaissance de ces populations a grandement contribué à déconstruire les hiérarchies entre les populations humaines : du moins au plus civilisés, ceux-ci étaient tout en bas de l’échelle. Peut-être même pas vraiment humains ! Mais dans les années 60-70, les ethnologues spécialistes de la musique ont découvert que ces populations avaient des techniques musicales hyper élaborées que l’on croyait réservées à la musique occidentale classique depuis Bach. Autrement dit, ils avaient emprunté un autre chemin que les sociétés occidentales, un chemin moins technologique mais beaucoup plus musical. Plus tard, on a aussi découvert leur extraordinaire connaissance des plantes et animaux tant pour se nourrir que pour se soigner. Bref ! Pas moins évolués, mais différents !

Quant à leur avenir ? 

C’est le grand souci. Avec la déforestation, ces populations perdent petit à petit les endroits où ils vivent. Et le plus grand fléau est maintenant l’alcool !

▶︎ En partenariat avec le Muséum national d'Histoire naturelle

📖  LIRE - Evelyne Heyer : L’Odyssée des gènes – 7 milliards d’années d’histoire de l’humanité révélées par l’ADN(Flammarion - 2020)

Références