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Résumé

Mélanie Bauer revient sur la carrière iconique de Catherine Ringer, co-fondatrice du duo rock devenu cultissime : Les Rita Mitsouko.

avec :

Catherine Ringer (Chanteuse, co-fondatrice des Rita Mitsouko).

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Pour quelqu’un qui a grandi avec trois chaînes de télé, un mange disque et des grands héros de la chanson misogynes qui tournaient en boucle sur des radios poussiéreuses, l’arrivée des Rita Mitsouko, c’était une révolution . Pour nous, la génération X,  l’adolescence, milieu des années 80, c’était la libération de la parole, des radios enfin libres, l’explosion de l’image avec des clips tous plus dingues les uns que les autres et puis la sono mondiale, le rock qui s’évadait des guitares pour épouser la basse, les rythmes latins, africains. Les Rita, c’est tout cela, ça et plus encore avec Catherine Ringer. Parce qu’il faut le dire, à l’époque, le modèle féminin, c’était soit des femmes androgynes qui se déguisaient en mecs, soit des poupées gonflables qui exhibaient leurs flotteurs en maillots de bain dans des piscines. Catherine Ringer, elle, elle dansait, elle s'engueulait en interview, elle avait du coffre et puis elle était belle mais elle s’en foutait, elle ne minaudait jamais. Elle était rock’n’roll sans jamais perdre sa féminité, son intégrité. Une sacrée inspiration pour toutes les femmes de ma génération. 

Ce son funky, vivant, gourmand, on le retrouve avec plaisir sur le live à la Philarmonie, Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko, sorti en plein hiver sans concert, en décembre dernier,  il nous lave de toutes ces fins de soirées ou quelque soit l’âge ou la classe sociale du capitaine à son anniversaire, les gens bourrés finissent toujours par tituber sur un Andy ou un Marcia Baila. Bah oui, parce que les Rita, c’est comme le twist, impossible à résister sur le Dance Floor. Vous, vous souvenez, les fêtes, c’était bien quand même. Bref, ce live à la Philarmonie, c’est plus que de la nostalgie des Rita Mitsouko, de notre belle histoire d’amour pour le couple Chichin / Ringer, ce sont les Rita Mitsouko, un concentré de Rita avec le son, la maitrise, la danse ,les couleurs, la vie, la mort, l’amour et la colère. 

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Faut dire que ça rigole pas côté musiciens, la crème de la crème, Dee Nasty, le DJ pionnier de la funk aux platines, Noel Assolo à la basse, Raoul Chichin à la guitare pour ne citer qu’eux et puis à la chorégraphie, Marion Motin, les danseurs, les costumes, la scénographie, Laurent Benhamou pour l’image et pour les photos Jean Baptiste Mondino et Youri Lenquette, des titres mixés à Londres et à New York, rien que du super compétent. Il faut ça parce que, certe ça se danse les Rita, mais ce sont des morceaux compliqués, les textes sont à tiroirs, les compos sont bourrées de petits bruits, de clins d’oeil, de breaks et de surprises, pour jouer les Rita, il faut comprendre tout autant la salsa que le jazz, le funk, le rock,  la java et puis il y a Catherine …. 

Et oui, car l’intensité de Catherine Ringer va au delà du drame ou de la joie, raconteuse d’histoire,  telle la griotte d’Afrique, elle transmet son patrimoine, portraite des vies, nous fait entrer dans le tableau, ses chansons sont plus que des chansons, elles sont des témoignages qui évoquent des images, des odeurs, des fantômes. C’est pour cela que j’ai choisi pour vous, “C’était un homme”, votre père, que vous racontez avec tant de grâce, il y a là toute votre sensualité, on y palpe votre amour, on y sent les épices, on goûte à sa faim, on écoute sa résilience et on visualise son chemin.