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Résumé

Re-reconfiné avec ses 2 légendes de l’ouest, la séance de Thomas Croisière hier c’était… "L’homme qui tua Liberty Valance" de John Ford. Pénultième western du mythique réalisateur borgne in the USA – comme Fritz Lang et Raoul Walsh - quatre fois lauréat de l’Oscar du meilleur réalisateur – comme… personne.

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Alfred : Alors en fait, c’est l’histoire d’un sénateur qui était anciennement avocat qui revient dans son village pour l’enterrement d’un gros dragueur

Le sénateur c’est James Stewart, et le gros dragueur, c’est le Duke : John Wayne qui tourna 14 films avec Ford dont La chevauchée fantastique et La prisonnière du désert

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Alfred : John Wayne je trouve qu’il a toujours un peu les rôles de ceux qui prennent les gens pour des petites merdes, qui les regardent de haut. Mais bon, à mon avis, ce n’est pas son vrai caractère

Gaston : Ah ben heureusement

Mais il mesure 1m93 John Wayne, mais c’est vrai qu’en meilleur tireur du Wyoming, le Duke roule des mécaniques. Mais moins au début du film car il est mort. C’est en route pour son enterrement que James Stewart est reconnu par des journalistes.

Alfred : Il commence à raconter à des journalistes son histoire. En fait, c’était un petit avocat qui se fait attaquer par Liberty Valance

Le patibulaire Lee Marvin dans son premier rôle-titre. Un titre qui n’augure rien de bon pour son personnage.

Alfred : Il va y avoir un duel entre Liberty Valance et l’avocat. Sauf que Liberty Valance, il va tirer, il va faire : « Je vais faire joujou, ahahah »

Le sinistre Valance, incarnation de la loi du plus fort face au gauche Stoddard représentant de la loi et l’ordre. L’affrontement entre deux « american way of life » et pour la bagarre, je ne miserais pas une pièce d’or sur James Stewart

Alfred : En fait, on peut toujours arriver à ses fins si on y croit vraiment. Par exemple, l’avocat, on lui disait : « Mais t’es pourri en tir, t’y arriveras jamais » et il s’est pas fait tuer quoi. Il a réussi

Gaston : Ouais

Alfred : Il a bien réussi sa vie

Gaston : Oh oui, ça c’est sûr

Tu m’étonnes, il est devenu LA légende qui tua Liberty Valance, fut élu sénateur, et chopa Vera Miles au nez et aux éperons de John Wayne

Gaston : J’ai trouvé d’un point de vue historique que c’était plutôt la fin des cowboys

En 1962, âge d’or du Technicolor et des décors de la Monument Valley, John Ford enterre symboliquement le western dans cette œuvre testamentaire tournée en noir et blanc et en studio.

Alfred : Le film, ça parle des légendes de l’ouest qui…

Gaston : Non, le film je pense que sur une vue de l’histoire, ça parle de comment on a eu la démocratie

Et de la construction de la nation américaine. Mais… un film sur la fin du Far West qui s’ouvre par l’arrivée d’un train en gare, avec des flashbacks, un triangle amoureux et la mort des légendes, ça ne vous rappelle rien ?

Gaston : Sergio Leone a carrément pris de l’inspiration sur le mec qui a réalisé ce film. Vous imaginez ?

Mais oui, Il était une fois dans l’ouest ! Liberty Valance était le film de Ford que Leone préférait. Normal, il est nostalgique, pessimiste et traite de la fin d’une époque. Liberty Valance c’est Il était une fois dans l’ouest sans sauce tomate.

Qui joue l’adjoint de John Wayne ? Woody Strode. Un des cache-poussières qui attend l’homme à l’harmonica à la gare.

Qui joue un homme de main de Lee Marvin ? Lee van Cleef – la Brute, elle-même.

Et je ne vous parlerai pas de duel à trois, les fameux « triels » chers à Léone, car comme le dit l’excipit du film : « On est dans l’ouest ici et quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende »

Vive le cinéma !