vidéo
France Inter
France Inter
Publicité
Résumé

En ce jour de bicentenaire de la mort de l’Empereur, la séance de ses deux grognards hier c’était…"Napoléon" d’Abel Gance dont il ouvrit le tournage en 1925 par ces mots : « Il faut que ce film nous permette d’entrer définitivement dans le Temple des Arts par la gigantesque porte de l’Histoire ».

En savoir plus

Ce film devait être le premier d’une série de 8 embrassant, d’Ajaccio à Sainte-Hélène, le destin de l’Aigle.

Alfred : C’est l’histoire de Napoléon, comme vous pouviez vous y attendre. Ça raconte depuis l’école militaire où il fait des batailles de boules de neige à son mariage et la bataille d’Italie.

Publicité

De l’école militaire de Brienne aux hauteurs de Montezemolo. 1783 – 1796

Gaston : Il dure 5 heures ½ le film. Alors on a fait 3 heures de film, une pause, 2 heures de film. Mais tout ça en deux jours quand même, yeah !

Les 5h30 de la troisième version restaurée qui tiennent sur 7542 mètres de pellicule quand Gance en tourna plus de 450 kilomètres.

Alfred : Je me dis que c’est quand même super comme film pour un film qui a été tourné il y a 100 ans quand même. Et qu’il a été très en avance…

Gaston : Super long

Alfred : … très en avance sur son temps, celui qui l’a écrit ce film

Abel Gance pensait le cinéma en « musique de la lumière », alors le compositeur de symphonie visuelle innove pour offrir du jamais vu. Je le cite : « Pour la première fois au cinéma le public ne devra pas être spectateur comme il l’a été jusqu’à présent. Il devra être acteur comme il l’est dans la vie ».

Et celui qui tint le rôle de la sienne jusqu’après sa mort, c’est Albert Dieudonné dont la dernière volonté fut d’être inhumé dans le costume de l’Empereur.

En sus de Bonaparte, on croise aussi…

Alfred : Danton, Robespierre, Marat et Saint Just

Dont Abel Gance endosse le rôle et le surnom d’Archange de la Terreur.

Alfred : Pour la Révolution, je ne suis pas d’accord avec certains avis de la Révolution. Par exemple, la Révolution n’a pas besoin de savants, c’est pas génial moi je dis. La Révolution elle a besoin des savants. On a toujours besoin des savants. Et je ne suis pas d’accord pour qu’on tue des millions de gens.

Emile Vuillermoz qualifia le film de « belle œuvre » et de « mauvaise action ». Biaisé par sa licence romantique, Gance trahit la Révolution alors que sa vraie révolution, à lui, est cinématographique.

Gaston : Ma bataille préférée, c’était celle du fort de Toulon, ma deuxième bataille préférée, c’était celle de boules de neige et puis ma troisième, c’était celle d’Italie parce qu’en fait, celle d’Italie, on ne voit pas beaucoup d’action. On voit juste les trois plans qui sont jolis avec le bleu, blanc, rouge. Et si vous le voyez, ce qui est carrément improbable. Enfin, peut-être…

Mais Gaston, moi j’espère que tout le monde ruera sur l’ultime restauration que Georges Mourier triture depuis 12 ans au milieu des 300 boîtes du fonds Napoléon de la Cinémathèque et qui attendue en fin d’année, parce que Gance avec ses surimpressions allant jusqu’à 16 couches, ses travellings sur tout ce qui bouge et ses triptyques-panoramas crée un nouveau langage.

Alfred : La campagne d’Italie, il y a beaucoup de plans, on dirait que c’est des plans panoramiques en fait. Mais c’est plein de caméras, enfin trois caméras qui sont placées ou deux ou une ou tout ça et après, ça élargit le champ de vision quoi.

La polyvision, technologie qu’il inventa utilisant 3 caméras et 3 cadres, avec pour but, non pas de « plaire à l’œil mais de courir droit au cœur du spectateur », et que l’hyperréalisme du parlant tua dans l’œuf.

Gaston : Vous verrez que pendant les trois plans, il y a un plan en bleu, un plan en blanc, un plan en rouge. Donc, il y a du bleu, blanc, rouge dans toutes les scènes et après c’est la fin, vous comprenez ?

Gance finit par déclarer : « Si je devais recommencer ma vie, je ne ferais pas de cinéma », ce qui aurait été aussi dommage que si Napoléon n’avait pas été Empereur.

Vive la France et… 

Vive le cinéma !

Références

L'équipe