La bulle de la tech va-t-elle exploser ?
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La bulle de la tech va-t-elle exploser ? ©Getty - AerialPerspective Images
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Résumé

Depuis trois semaines, la valeur des entreprises du secteur des technologies, et notamment des fameux GAFAM, s’est envolée en bourse. Pourquoi ce phénomène est inquiétant ?

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Tout simplement parce que nous sommes peut-être à la veille de l’explosion d’une bulle, comme il y a 20 ans avec la nouvelle économie. Prenons Apple, l’entreprise qui vaut à elle seule plus que l’ensemble du CAC40, les 40 plus grands groupes français. La capitalisation de la firme à la pomme, c’est-à-dire sa valeur en bourse, a fait un bond de 400 milliards de dollars depuis la mi-mars, pour se rapprocher de la barre symbolique des 3 000 milliards. Cette envolée concerne aussi les autres géants américains de la tech, Amazon, Microsoft, Alphabet la maison mère de Google, et derrière eux la myriade de jeunes entreprises de la tech dont le modèle économique n’est pas encore assuré.

Comment expliquer une telle effervescence ?

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C’est difficile à expliquer, les analystes y perdent leur latin. Certains disent que c’est à cause du ralentissement de la croissance en Chine et de la guerre en Ukraine qui pénalise les entreprises européennes : investir dans la tech, surtout les stars de la tech américaine, tient lieu de valeur refuge. Soit, mais lorsque le prix de certains actifs s’envole sans que ce soit justifié par la réalité économique des entreprises, on appelle ça une bulle. Et d’ailleurs, avant la mi-mars, cette bulle de la tech était en train de se dégonfler depuis les sommets qu’elle avait atteint à la fin de l’année dernière. En moins de 3 mois, les actions d’entreprises comme Facebook et Netflix avaient perdu 30 % de leur valeur. Et cette baisse semblait bien partie pour durer.

Pour quelles raisons ?

D’abord parce que l’argent pas cher, c’est fini. Le carburant de cette bulle, c’était le fameux quantitative easing, la politique monétaire mise en place depuis la crise de 2007 pour soutenir la croissance. Les banques centrales arrêtent progressivement d’injecter en masse des liquidités sur les marchés. Et la Fed, la banque centrale américaine, a même commencé à remonter ses taux d’intérêt. S’il y a moins d’argent en circulation et qu’il coûte plus cher, les investisseurs n’iront plus le placer sur des titres risqués comme ceux du secteur de la tech.

Mais vous allez me dire, les GAFAM sont solides, ils font de gros profits. C’est vrai, mais ils font face à une autre menace : la régulation. Fin mars, le Parlement et le Conseil européen se sont mis d’accord sur un projet de règlement, le Digital Market Act. Aux Etats-Unis, ce sont pas moins de 6 textes qui sont actuellement en discussion au Congrès. Leur objectif est clair : limiter le pouvoir économique des grandes plates-formes numériques.

Si la bulle éclate ou se dégonfle, est-ce que seule l’économie américaine sera touchée ?

Non ça aura des effets aussi en Europe et en France, où les start-up ont enchaîné récemment les levées de fond record et où on compte désormais 25 licornes, c’est-à-dire des jeunes pousses valorisées plus d’un milliard de dollars. La banque en ligne Qonto, par exemple, est valorisée plus de 4 milliards d’euros, alors qu’elle ne compte que 200 000 clients… Chaque client de Qonto vaut donc 22 000 euros, quand chacun des 30 millions de clients de la Société générale lui est valorisé 800 euros… ça n’a guère de sens sur le plan économique. Le retour au réel risque donc d’être difficile.

Pour aller plus loin :

La bulle de la tech explosera-t-elle cette année ?,un article à retrouver chez vos marchands de journaux dans le numéro d’avril d’Alternatives économiques, avec en une un dossier sur les présidentielles intitulé Le retour du clivage droite-gauche.

Références

L'équipe

Marc Chevallier
Production
Marc Chevallier
Journaliste