Les difficultés du groupe Orange

Christel Heydemann, la nouvelle PDG d'ORange Télécom pose devant le siège du groupe à Issy-les-Moulineaux en 2022.
Christel Heydemann, la nouvelle PDG d'ORange Télécom pose devant le siège du groupe à Issy-les-Moulineaux en 2022. ©AFP - Geoffroy Van Der Hasselt
Christel Heydemann, la nouvelle PDG d'ORange Télécom pose devant le siège du groupe à Issy-les-Moulineaux en 2022. ©AFP - Geoffroy Van Der Hasselt
Christel Heydemann, la nouvelle PDG d'ORange Télécom pose devant le siège du groupe à Issy-les-Moulineaux en 2022. ©AFP - Geoffroy Van Der Hasselt
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Orange vient de solder sa diversification dans les contenus en vendant sa chaine OCS et ses studios de cinéma. Mais la nouvelle patronne d’Orange Christel Heydemann n’en a pas terminé avec son chantier de restructuration de l’opérateur télécom.

Ce n’est qu’un début. La cession à Canal+ a été annoncée lundi dernier. Un repreneur logique puisque la filiale de Vivendi était déjà actionnaire à hauteur de 33%. Gros ouf ! de soulagement pour Chrystel Heydemann qui a pris ses fonctions en avril dernier. C’est un gros boulet en moins. Malgré ses quelque 3 millions d’abonnés, OCS cumulerait environ 500 millions d’euros de pertes. Pour compliquer les choses, elle avait perdu le droit de diffuser les précieux programmes de HBO, fournisseur notamment de la série Game of Thrones. Clap de fin donc sur cette aventure audiovisuelle qui avait débuté il y a quinze ans. L’autre gros boulet à éliminer, c’est Orange Bank, qui a perdu 880 millions d’euros depuis qu’elle a été rachetée en fanfare à Groupama en 2017, et a été recapitalisée plusieurs fois. Face à une concurrence très agressive, Orange n’a jamais trouvé sa clientèle. Christel Heydemann espère céder la banque dans son intégralité, avec ses 900 salariés.

Et combien d’autres boulets faudra-t-il encore éliminer ?

Il en reste au moins un, c’est Orange Business Services ou OBS, l’activité de services aux entreprises du groupe. Au premier semestre 2022, sa marge opérationnelle s’est effondrée de 25 % pour un chiffre d’affaires de 3,9 milliards d’euros Mais cette fois, pas question de vendre : c’est le cœur de métier de l’opérateur. Le problème d’OBS est tout simple : les entreprises n'achètent quasiment plus de voix fixe. Elle réclame des services. Sur ce terrain Orange affronte de nouveaux concurrents comme le géant américain Accenture ou le français Capgemini. OBS doit aussi régler ses dissensions internes. Il arrive que plusieurs services se retrouvent en concurrence sur le même appel sans le savoir. Sitôt arrivé Christel Heydemann a nommé une patronne à la tête de la division : Aliette Mousnier-Lompré, 39 ans. Et lui a confié la tâche de remettre cette armée de 29000 collaborateurs en ordre de bataille. Une mission sportive pour cette ancienne joueuse professionnelle au PSG, diplômée de Sciences-Po et Berkeley.

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Et comment la patronne d’Orange imprime-t-elle sa marque sur le management ?

En douceur. Renverser les tables, c’est pas son style. Elle a déjà remanié une bonne partie de son état-major : à OBS, on l’a vu, mais aussi à la communication, aux ressources humaines ou à la tête de la zone Afrique, très importante pour Orange. Elle doit aussi choisir un nouveau directeur financier après le départ de Ramon Fernandez pour CMA CGM. C’est avec cette équipe remaniée que Christel Heydemann présentera son plan stratégique, en février prochain. Dix mois après son arrivée. Mais la transformation du paquebot prendra du temps. Ses effets ne se verront pas avant fin 2023, a prévenu Orange.

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