Comment se passer du gaz russe ?
Comment se passer du gaz russe ?
Comment se passer du gaz russe ? ©Getty - Tyler Stableford
Comment se passer du gaz russe ? ©Getty - Tyler Stableford
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Résumé

C’est la question qu’on se pose depuis près de deux mois, depuis le début de la guerre en Ukraine. Focus ce matin sur les alternatives qui s’offrent à la France. En particulier d’une solution qui se trouve… dans nos anciennes mines de charbon !

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En France, c’est bien connu, on n’a pas de pétrole mais on a des idées… et on le sait moins, on a aussi du gaz ! Mais pas n’importe lequel. En l’occurrence, il s’agit du gaz coincé dans les anciennes mines de charbon. C’est le fameux grisou, qui était la hantise des mineurs, car il pouvait provoquer des explosions dramatiques.

Mais aujourd’hui, alors que les mines sont fermées, ce gaz encore sous terre peut nous servir. Dans les Hauts de France, plusieurs sites de captage ont été installés par l’entreprise Française de l’énergie. Notamment à Avion, sur l’ancienne mine dite de la Fosse 7. Depuis 2017, 70 millions de mètres cubes de gaz ont déjà été extraits, ils permettent de chauffer 6500 logements à Béthune. L’avantage pour les habitants, c’est beaucoup moins cher, leur facture a baissé de 40 % depuis 5 ans. Cela représente en moyenne une économie de près de 500 euros par foyer et par an.

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On estime qu’il y a plus de 9 milliards de mètres cubes de gaz en réserve dans le bassin minier franco-belge. Au rythme actuel, cela représenterait 150 ans de productions.

L’exploitation de ce gaz de mine est-elle dangereuse pour l’environnement ?

Dans le Nord de France, non, c’est même le contraire. Car ce gaz circule librement dans les anciennes galeries des mines et remonte lentement à la surface. Or, ce gaz, c’est du méthane et il est très nocif pour l’environnement, beaucoup plus que le CO2, l’autre grand gaz à effet de serre. Donc mieux vaut l’exploiter que de le laisser s’échapper dans l’atmosphère. Et pour le capter, il suffit de le faire remonter avec un tuyau qui va jusqu’à 700 mètres sous terre.

En Lorraine, en revanche, le sujet est différent. Depuis plusieurs années, l’entreprise Française de l’énergie dont je vous parlais, attend l’autorisation de l’Etat pour exploiter du gaz sous les anciennes mines. 40 plateformes de forage sont prévues, on parle de dizaines de milliards de mètres cubes exploitables. Mais le projet fait polémique dans la région. Contrairement au Nord ou le gaz s’échappe, en Lorraine le gaz est coincé dans la couche de charbon, les techniques de forage ne sont pas les mêmes pour le récupérer. Sur place beaucoup d’élus et habitants craignent que cela contamine les nappes phréatiques et affaisse le terrain. Surtout, certains redoutent l’utilisation de la fracturation hydraulique, même si ce procédé est interdit en France et que La Française de l’énergie se défend de vouloir l’appliquer.

Y a-t-il d’autres alternatives au gaz russe ?

On parle beaucoup du gaz liquéfié. Mais cela coûte cher, il faut l’importer par bateau jusqu’à des terminaux méthaniers -et il nous en manque - puis il faut le reconditionner pour qu’il retrouve son état gazeux avant de l’acheminer dans le réseau. Et ce gaz, c’est parfois du gaz de schiste, exploité justement par la fracturation hydraulique qui a un impact considérable sur l’environnement.

Il y a d’autres solutions plus vertueuses qui méritent d’être regardées de près. Aujourd’hui moins de 2% du gaz consommé en France provient du renouvelable, or on a les capacités pour augmenter cette part à 10% voire plus d’ici 2030. Comment ? En s’appuyant par exemple sur le biométhane obtenu à partir de déchets organiques. C’est en pleine expansion, une unité de production sort de terre tous les trois jours en ce moment, il y en a près de 400 en France. A la fin de l’année, on aura de quoi alimenter près d’un million de foyers avec ce procédé.

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