Grindr rentre en Bourse ©Getty - Luis Alvarez
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Résumé

Destinée au public LGBTQ+, l’application de rencontre a choisi la saison des amours pour s’introduire en Bourse. Un signe de bonne santé pour cette industrie du dating ?

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Il s’est passé beaucoup de chose dans ce secteur de la rencontre en ligne depuis le lancement de Meetic, site iconique, imaginé par Marc Simoncini, il y a plus de vingt ans. Le marché est florissant, partout dans le monde. Au cours des cinq dernières années, les services de dating ont quasiment doublé leur chiffre d’affaires, passant de de 2,2 à 4,2 milliards de dollars, selon le cabinet Dataia. L’introduction en bourse de Grindr, prévue d’ici la fin de l’année, valoriserait à plus de 2 milliards ce pionnier des applis de rencontre né en 2009 aux Etats-Unis.

Au départ, ces start-up mettaient en avant la technologie de leurs algorithmes qui permettaient de rapprocher des profils avec le plus de points communs. L’innovation n’est plus vraiment le sujet aujourd’hui. Toutes les applis se ressemblent, elles se contentent d’adopter des angles différents : Bumbl joue la carte féministe, Grindr s’adresse à la communauté LGBT, le français Happn mise sur la géolocalisation. Le petit dernier Feels cible les 18-25 ans en adoptant les codes des réseaux sociaux.

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En réalité, toute l’industrie s’est alignée sur le modèle Tinder, qui a imposé la pratique du Swipe & Match : le coup de pouce à droite quand on « aime » un profil. Et suit le même modèle économique freemium combinant accès gratuit et options payantes.

Et la rencontre en ligne séduit aussi de plus en plus les investisseurs

Le business du dating est d’abord une histoire d’argent, pas vraiment une affaire de cœur. La financiarisation du secteur se confirme depuis plusieurs années.

Les investisseurs sont à la manœuvre : en 2019, le fonds américain Blackstone s’est emparé de Bumbl qui a enflammé Wall Street à sa cotation en février 2021. General Atlantic, un autre fonds américain, s’est associé au géant allemand des médias ProSiebenSat.1 afin de racheter Meet Group, en 2020 , pour 500 millions de dollars. Et dans cette industrie de plus en plus financière, Match Group, propriétaire de Tinder mais aussi de notre bon vieux Meetic, vient d’entamer un nouveau procès contre Google. Il l’accuse d’abuser de sa position dominante en imposant son système de paiement Google Pay et en prélevant 15 à 30% sur toutes les transactions.

Le business de la rencontre est lucratif mais il n’est pas sans risque

Et notamment aux risques juridiques L’histoire mouvementée de Grindr est emblématique. En 2018, l’entreprise a été secouée par un scandale sur l’utilisation de ses données : le site avait laissé des sous-traitants accéder aux informations de ses utilisateurs, notamment leur statut HIV.

Et, en 2020, l’entreprise, qui appartenait au chinois Kunlun Tech, depuis 2016, a changé de mains sur injonction de l’administration Trump : pas question que la Chine ne dispose d’un moyen de pression en ayant accès à l’orientation sexuelle de décideurs américains. Ce n’est pas nouveau, le flirt ou la relation amoureuse peuvent avoir une dimension très politique.

Références

L'équipe

Gilles Fontaine
Production
Gilles Fontaine
Journaliste