Le succès de l'application BeReal
Le succès de l'application BeReal
Le succès de l'application BeReal ©Getty - andreswd
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Résumé

La presse américaine s’enflamme depuis plusieurs semaines pour un jeune entrepreneur de la Tech : il est Français et il a conçu ce nouveau réseau social totalement révolutionnaire.

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Il s’appelle Alexis Barreyat, il a 26 ans, il est originaire de la Drôme. Et sa création s’appelle BeReal – soyez vrai. Souvenez-vous bien de cette histoire : nous sommes peut-être en train de parler du prochain Mark Zuckerberg. Ce nouveau réseau social est déjà considéré comme l’anti Instagram. BeReal prône en effet une participation frugale et responsable : chaque jour, vous disposez de 2 minutes, après avoir reçu une notification, pour poster une photo de ce que vous êtes est en train de faire. Ca vous donne la possibilité de voir ce qu’ont envoyé vos amis sur le réseau. Le gros risque est de réaliser à quel point nos vies sont ennuyeuse et d’enchainer les photos d’écran d’ordinateur ou de séance de brossage de dents. En réalité le patchwork obtenu est souvent plus varié. Et apparemment ca plait : l’application a été téléchargée plus de 5 millions de fois depuis son lancement il y a deux ans et compte plus de 2,5 millions d’utilisateurs actifs, par jour. C’est fou, mieux qu’Instagram à ses débuts.

Qui est son fondateur et comment lui est venue l’idée ?

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Alexis Barreyat n’a rien du geek introverti scotché à ses écrans d’ordinateurs. Casquette de rappeur, pantalon baggy et t-shirt… Son truc, c’est le sport extrême, et plus particulièrement le Mountain Bike. Il est diplômé de 42, l’école de développeurs lancée par Xavier Niel, mais il s’est d’abord fait embaucher par GoPro, le spécialiste américain des caméras d’action. Premier job : producteur vidéo. Il réalise des clips de promotion sur les exploits de sportifs extrêmes, mais il est choqué de voir les spectateurs de ces événements rivés sur l’écran de leur smartphone, sans réellement vivre l’instant. BeReal est né de ce constat. Et d’un échange, au printemps 2021, entre Xavier Niel et son fils, John, totalement fan de l’appli. L’homme d’affaires a été le premier à investir : 1 million d’euros pour 10% du capital. Pour la petite histoire, durant la durée du confinement, Alexis s’est exilé à Andorre, où il a pu continuer librement à s’adonner à sa passion pour le vélo. C’est là, au coeur des Pyrénées, que sont venus le trouver les représentants des fonds californien Accel, Andreessen Horowitz et DST Global. Ils ont investi 30 millions de dollars dans la start-up.

Mais quel est le modèle économique ?

Pour le moment, pas question de profits. L’objectif est de continuer à faire grossir rapidement la base d’abonnés et de les retenir. Depuis plusieurs mois, BeReal recrute des ambassadeurs à tour de bras, notamment sur les campus d’universités américaines pour amplifier le bouche à oreille. La publicité n’est pas prioritaire pour le fondateur qui veille à préserver l’esprit de son réseau. Le modèle auquel réfléchit Alexis Barreyat serait plutôt celui du freemium : gratuit avec des options payantes. Et il dispose de suffisamment d’argent désormais pour inventer son modèle. Côté sports extrêmes, en revanche, il a dû mettre la pédale douce.

Références

L'équipe

Gilles Fontaine
Production
Gilles Fontaine
Journaliste