Mark Zuckerberg a perdu son pouvoir d’attraction
Mark Zuckerberg a perdu son pouvoir d’attraction ©AFP - DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA
Mark Zuckerberg a perdu son pouvoir d’attraction ©AFP - DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA
Mark Zuckerberg a perdu son pouvoir d’attraction ©AFP - DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA
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Facebook sort le 14 avril des lunettes connectées en partenariat avec Ray-Ban. Et ça n’intéresse personne…

On parle beaucoup plus des tourments du réseau social qui traverse une mauvaise passe. Pour la première fois de son histoire il a perdu des utilisateurs : plus d’un million au dernier trimestre. Ces résultats financiers sont décevants et sa valorisation boursière a fondu d’un tiers depuis le début de l’année. Alors pour enrayer la chute, Mark Zuckerberg reprend l’initiative avec notamment ces lunettes connectées, les Ray-Ban stories équipées de deux petites caméras et de haut parleurs dans chaque branche. On peut écouter de la musique ou des podcasts, mais surtout prendre des photos et des films et les partager en temps réel sur les réseaux sociaux. Petit détail, ces lunettes coûtent trois fois plus cher que le modèle classique : autour de 330 euros. C’est loin d’être anecdotique, d’autant que d’acteurs se sont déjà positionnés sur ce marché comme Google, le réseau social Snap ou Bose le spécialiste de l’audio. Le groupe de Mark Zuckerberg est à la traîne et il espère reconquérir cette clientèle jeune de plus en plus nombreuse à rejoindre la concurrence, notamment le chinois TikTok.

Le groupe aussi prend un pari stratégique risqué

Une évolution importante qui s’est traduite par un changement de nom l’an dernier. Il se nomme désormais Méta, en référence au métavers, ce nouvel univers virtuel dans lequel Mark Zuckerberg voudrait faire migrer une grande partie de l’humanité sous la forme d’avatars. Ce pari de la réalité virtuelle est prioritaire pour le réseau social qui espère convaincre les grandes marques de venir y faire du commerce. Mais ce changement de nom avait aussi pour but de faire oublier les multiples affaires dans lesquelles le groupe est embarqué. L’histoire des lunettes connectées est d’ailleurs symptomatique : elles devaient être commercialisées il y a plusieurs mois, mais le lancement a été repoussé après les révélations de la lanceuse d’alerte américaine Frances Haugen sur les pratiques de Facebook, sur l’utilisation des données personnelles.

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Dans ces conditions, Mark Zuckerberg peut-il réussir son pari de monde virtuel ?

Au-delà de la méfiance qu’il inspire, ce sera difficile. Il a huit ans, le groupe avait racheté Oculus, un spécialiste des lunettes de réalité virtuelle pour trois milliards de dollars. Le marché reste aujourd’hui confidentiel. Ce sera compliqué aussi pour les lunettes connectées. Cette année, moins d’un million de pièces devraient être vendues dans le monde. Un marché tout petit, qui pourrait atteindre péniblement les 4 millions d’ici à 2024. Marck Zuckerberg ne convainc pas. Et ses incursions dans le matériel ne rassurent pas les défenseurs des libertés individuelles. Certains redoutent déjà la prochaine étape : des lunettes de réalité augmentée qui permettraient par exemple d’identifier un inconnu croisé dans la rue grâce à un logiciel de reconnaissance faciale, comme Facebook le propose déjà pour identifier les sujets des photos postées sur sa plateforme. Les possibilités dystopiques sont infinies. Alors un conseil : méfiez-vous de ceux qui portent des lunettes de soleil la nuit.