Portrait de Marilyn Monroe "Shot Sage Blue Marilyn" par Andy Warhol, mis aux enchères le 9 mai, au siège de la maison d'enchères Christie's à New York le 29 avr ©AFP - Angela Weiss
Portrait de Marilyn Monroe "Shot Sage Blue Marilyn" par Andy Warhol, mis aux enchères le 9 mai, au siège de la maison d'enchères Christie's à New York le 29 avr ©AFP - Angela Weiss
Portrait de Marilyn Monroe "Shot Sage Blue Marilyn" par Andy Warhol, mis aux enchères le 9 mai, au siège de la maison d'enchères Christie's à New York le 29 avr ©AFP - Angela Weiss
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Résumé

23 millions d’euros pour un dessin de Michel-Ange, 195 millions de dollars pour un portrait de Marylin Monroe par Andy Warhol, le marché de l’art enchaîne les ventes records. Et c’est une tendance de fond.

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Les maisons de ventes adorent communiquer sur ces enchères événements, qui propulsent toujours plus haut la côte des grands artistes. Il faut cependant préciser que dans les deux cas cité ci-dessus, le montant obtenu lors de la vente a été inférieur à celui espéré par Christie’s.

Il n’empêche : le marché de l’art tutoie de nouveau les sommets depuis l’année dernière, après une année 2020 impactée par le covid. Selon le site Artprice, il s’est vendu quelque 664 000 lots dans le monde en 2021, pour un montant total dépassant les 17 milliards de dollars. C’est presque 30 % de plus qu’en 2019, la dernière année « normale » avant la pandémie.

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A noter aussi, la moitié de ces 17 milliards a été réalisée grâce à des œuvres adjugées plus d’un million de dollars, alors qu’elles représentent seulement 0,2% des lots vendus. Le marché de l’art est donc très concentré et son dynamisme a plus à voir avec le rythme de croissance des grosses fortunes qu’avec la passion des petits collectionneurs qui écument les salles des ventes.

Quels sont les pays qui tirent leur épingle du jeu sur ce marché ?

La France n’est pas mal placée : les ventes d’art y ont dépassé pour la première fois le milliard de dollars l’année dernière, grâce notamment à la présence à Paris des deux grands poids lourds du secteur, Christie’s et Sotheby’s. Ce qui fait de l’Hexagone le 4e marché derrière le Royaume-Uni, qui pâtit du Brexit.

Mais le premier marché mondial, c’est aujourd’hui la Chine, qui est passée devant les Etats-Unis depuis la pandémie. L’Empire du Milieu pèse un tiers du montant total des transactions : l’appétit des milliardaires chinois pour l’art ne se dément pas.

Est-ce que cette montée en puissance des collectionneurs chinois a une influence sur la nature des œuvres vendues ?

A part sur un petit segment de marché, celui des maîtres anciens, où les œuvres d’artistes chinois antérieures au XVIIIe siècle battent des records, ça ne bouscule pas pour l’instant les grandes hiérarchies du monde de l’art. Les valeurs sûres de l’art occidental, Picasso, Basquiat, Warhol ou Monet, restent les artistes qui ont affiché le montant cumulé le plus élevé pour les ventes de leurs œuvres en 2021. Sur les 10 artistes les plus « bankables », seuls deux sont asiatiques. Et un seul est une femme, la Japonaise Yayoi Kusama.

Et quel type d’œuvre a la préférence des collectionneurs ?

Le medium préféré des acheteurs, ça reste la peinture et de loin. Il y a quand même une nouveauté dans ce monde assez conservateur, ce sont les fameux NFT, ces objets numériques uniques, comme une photo par exemple, dont l’authenticité est garantie grâce à la technologie de la blockchain. En 2021, les NFT ont fait une entrée fracassante : une œuvre de Beeple, un artiste jusqu’alors inconnu, a été vendue aux enchères 69 millions de dollars, se classant au huitième rang des œuvres les plus chères cette année-là.

Mais comme la folie des tulipes au XVIIe siècle, l’engouement pour les NFT pourrait n’être que de courte durée. Depuis quelques semaines, leur cours s’est effondré. En cause, la décision de la Banque centrale américaine de remonter ses taux d’intérêt. L’argent coûte donc plus cher à emprunter. De quoi faire éclater les bulles spéculatives et sans doute calmer pour quelque temps les ventes record sur le marché de l’art.

Références

L'équipe

Marc Chevallier
Production
Marc Chevallier
Journaliste