Selon une étude d’économistes à Bercy, les automobilistes coûtent trois fois plus chers à la collectivité qu’ils ne rapportent.  ©Getty -  krisanapong detraphiphat
Selon une étude d’économistes à Bercy, les automobilistes coûtent trois fois plus chers à la collectivité qu’ils ne rapportent. ©Getty - krisanapong detraphiphat
Selon une étude d’économistes à Bercy, les automobilistes coûtent trois fois plus chers à la collectivité qu’ils ne rapportent. ©Getty - krisanapong detraphiphat
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Résumé

C’est le titre d’une étude réalisée par la direction générale du Trésor, cette administration rattachée à Bercy est chargée de conseiller le gouvernement pour conduire la politique économique du pays.

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Et donc selon son étude récemment publiée, un conducteur ne paie clairement pas assez. Il ne couvre en moyenne que 36% de la facture réelle quand il utilise son véhicule. Un nombre encore plus parlant : quand un conducteur parcourt un kilomètre, la collectivité, c’est-à-dire vous, moi, nous, doit payer, en moyenne toujours, 12,5 centimes d’euros pour couvrir les frais générés.

Pour arriver à ces conclusions, les économistes du Trésor ont établi un rapport entre d’un côté ce que paient les conducteurs pour pouvoir rouler, c’est-à-dire principalement les péages et les taxes, que ce soit les taxes sur le carburant, l’assurance ou la carte grise. Et de l’autre côté sont listés les coûts liés à l’entretien des routes, aux accidents mais aussi et surtout aux embouteillages et à la pollution.

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Tous les types de véhicules sont pris en compte pour calculer ce coût moyen. 

Quels sont les plus mauvais payeurs ?

Ce sont les véhicules utilitaires qui roulent au diesel, ils n’assument que 28% de leur coût. Monsieur ou madame Tout le monde qui utilise aussi du diesel, c’est à peine mieux, 30%. Celui qui s’en tire le moins mal, étonnamment, c’est le poids lourd diesel, il couvre deux tiers de ses coûts.

Ce qui est intéressant dans cette étude, ce sont les nuances, notamment entre la circulation en milieu urbain, forcément plus dense, et la circulation en milieu rural. On s’en doutait mais c’est en ville que le problème se pose, en moyenne l’usager de la route ne paie que 8% de sa facture. En fait, à part sur les autoroutes à péage et dans certains cas sur les routes de campagne, les conducteurs ne paient pas le juste prix.

Quelles sont les pistes proposées pour améliorer la situation ?

Les auteurs du rapport évoquent par exemple la convergence fiscale entre l’essence et le diesel. Historiquement, vous le savez, le diesel est moins taxé que l’essence en France. L’idée est donc de rapprocher les montants des taxes sur ces deux carburants, notamment en augmentant celles sur le diesel. C’est ce qui a été fait entre 2014 et 2018. Mais souvenez-vous, c’est aussi ce qui a allumé la mèche de la crise des "gilets jaunes". C’est quand le prix du gazole a commencé à dépasser celui du sans plomb que le mouvement est parti. Et pour le gouvernement aujourd’hui, il est hors de question de remettre une pièce dans la machine. Donc c’est à oublier.

Une autre piste, c’est la limitation des véhicules les plus polluants là où la circulation et la pollution sont importantes, avec l’instauration de zones à faibles émissions. Ca en revanche, la France mise beaucoup dessus, une quinzaine de métropoles se sont engagées à en mettre en place. A Paris c’est déjà le cas, les Crit’Air 4 et 5 n’ont par exemple pas le droit de rouler la journée en semaine.

Deux autres solutions pour le moment écartées seraient aussi efficaces. La première c’est l’instauration de péage urbain dans les grandes villes, ce qui se fait déjà à l’étranger avec succès comme à Milan ou à Stockholm. Et dans les villes plus petites, les auteurs proposent d’augmenter les tarifs de stationnement en fonction des types de véhicules, des horaires ou des bouchons. Et depuis 2018, les communes en ont la possibilité.

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur ce sujet dans l’édition du jour du Parisien/Aujourd’hui ou sur leparisien.fr.

Références

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