Transition écologique : n'en demande-t-on pas de trop aux arbres ? Ici forêt vosgienne
Transition écologique : n'en demande-t-on pas de trop aux arbres ? Ici forêt vosgienne ©Getty - Alexander Sorokopud
Transition écologique : n'en demande-t-on pas de trop aux arbres ? Ici forêt vosgienne ©Getty - Alexander Sorokopud
Transition écologique : n'en demande-t-on pas de trop aux arbres ? Ici forêt vosgienne ©Getty - Alexander Sorokopud
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Les forêts sont considérées comme des alliés importants dans la lutte contre le réchauffement climatique, mais on oublie parfois qu'elles sont également vulnérables face à ce climat qui change.

Imaginez la charge de travail des arbres : On attend d'eux qu'ils fournissent de belles planches et poutres pour construire des immeubles plus écolo, du combustible pour remplacer les chaudières au fioul, qu'ils servent de clim' verte pour rafraîchir les villes mais aussi qu'ils absorbent toujours plus de CO2.

Sauf que cet été emblématique pour le réchauffement climatique, nous rappelle aussi que les arbres sont victimes de ce climat qui change.
Ils souffrent de la chaleur et des sécheresses à répétition. ils fatiguent et deviennent des proies faciles pour les parasites...Et ils sont davantage exposés au risque incendie.

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On l'a vu très récemment avec les feux de forêts dévastateurs en Gironde et dans les Landes :

Oui, ces incendies ont relâché dans l'atmosphère beaucoup de CO2 alors qu'on compte justement sur les forêts pour absorber une partie de nos émissions CO2 et les stocker.
Les forêts font partie de la feuille de route climat du gouvernement .
Mais la capacité de stockage des forêts françaises s'effondre. Elle a chuté de près de 50 % ces dix dernières années. C'est à lire dans le dernier rapport du Haut conseil pour le climat paru en juin (p.77-78) Et c'est en partie parce que les arbres fatiguent.

Et ce coup de mou se voit aussi en ville :

Oui si le mois d'août a un eu petit air automnal avec toutes ces feuilles mortes au sol, c'est parce que, quand les arbres ont chaud et soif, ils activent un système d'auto-défense...ils se mettent en mode économie d'énergie et larguent leurs feuilles.
Une étude internationale publiée en septembre dans la revue Nature Climate Change montre à quel point le changement climatique représente une menace pour les arbres plantés en ville...Les hêtres, les tilleuls, les chênes.

Cette étude a notamment analysé plus de 500 espèces d'arbres dans 5 villes françaises : Paris, Bordeaux, Montpellier, Grenoble et Lyon.

La chaleur stresse les marronniers et les frênes communs !

Et comment "déstresser" les arbres citadins ?

Déjà, faire en sorte qu'ils aient assez d'eau. Soit on les arrose. Mais comme on l'a expérimenté cet été, à l'avenir les communes auront-elles assez d'eau ?
Soit on fait en sorte qu'ils profitent au maximum de l'eau pluie. Pour cela, on enlève le bitume au pied des arbres. Un arbre encerclé de goudron ne peut pas boire correctement ! Il faut aussi que les racines aient assez de place dans le sol pour puiser de l'eau en profondeur.
Les arbres sont des parasols et des climatiseurs très efficaces pour rafraîchir les villes. Mais on oublie parfois que ce sont des êtres vivants. Ils procurent du bien-être aux citadins, il faut aussi veiller au leur.

A Paris, 38 % des espèces d'arbres et d'arbustes subissent déjà des températures moyennes annuelles plus chaudes que ce qu'elles tolèrent dans leur milieu d'origine ("leur aire de répartition d'origine"). Ce sera plus de la moitié, 58 % en 2050.
A Montpellier, ce taux avoisine déjà les 70 %. Et encore explique Jonathan Lenoir, chercheur CNRS (Université de Picardie), co-auteur de l'étude : " On un pris le scénario climatique médian, pas le plus pessimiste du Giec ".