Vénus
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Vénus ©Getty
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Résumé

Les scientifiques semblent obnubilés par la planète Mars, mais Vénus a de quoi retenir l’attention d’un terrien...

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Il n’y en a plus que pour Mars, et je ne parle pas seulement du vol historique de l’hélicoptère Ingenuity. Actuellement 8 sondes sont actives en orbite autour de la planète rouge, 3 engins travaillent à sa surface et pendant ce temps-là autour de Vénus, une seule sonde en service : Akatsuki envoyée par les japonais.

Pourtant Vénus a de quoi retenir l’attention d’un terrien. Là-bas le Soleil se lève à l’ouest. Autre bizarrerie : elle tourne si lentement sur elle-même que les jours y durent plus longtemps que les années. Exotique, mais jusqu’ici pas de quoi effrayer une sonde. D’ailleurs au début de l’exploration spatiale l’étoile du berger attirait autant que la planète rouge. Elle lui a même parfois grillé la priorité. La 1ere sonde à orbiter autour de Vénus, c’était Mariner 2, en 1962, soit 2 ans avant que Mariner 4 aille survoler Mars.

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Pourquoi aujourd’hui les scientifiques semblent-ils avoir délaissé Vénus au profit de Mars?

Ca a commencé à se gâter lorsque les russes ont réussi à poser un engin sur le sol de Vénus, Vénéra 7 en 1970. Là encore c’était de l’inédit. C’était la première sonde à atterrir avec succès sur une autre planète et à transmettre des informations. Et quelles informations ! Au sol la sonde mesure une température de 475 degrés et une pression atmosphérique écrasante, 90 fois supérieure à celle de la Terre. Vénéra 7 n’a pas survécu plus de 23 minutes. Vénus est un enfer. On peut ajouter au tableau : des nuages d’acides sulfuriques poussés par des vents de 400 km/heure. On n’est pas prêt d’y faire voler un hélicoptère.

Y a-t-il une chance qu’il y ait de la vie sur Vénus ?

Au niveau du sol ça semble impossible mais des scientifiques optimistes envisagent que dans l’atmosphère, à une certaine altitude, il pourrait régner des températures compatibles avec la présence d’eau liquide ce qui rendrait envisageable l’hypothèse d’une forme de vie dans les nuages de Vénus. Une hypothèse relancée en septembre dernier par des chercheurs qui prétendaient avoir détecté dans l’atmosphère de la planète de la Phosphine, un composé qui a été un peu rapidement présenté comme la signature d’une activité biologique. La fiabilité de cette étude a depuis été remise en cause.  

Mais au-delà de la recherche de vie extraterrestre, étudier Vénus est une façon d’en apprendre davantage sur notre planète et son évolution. Il est vraisemblable qu’au début de leur histoire Vénus et la Terre se ressemblaient beaucoup. Vénus nous montre les conséquences d’un effet de serre qui s’emballe. Elle nous raconte peut-être aussi ce que deviendra la Terre dans des milliards d’années.  Et surtout, cette planète infernale nous rappelle à quel point notre environnement actuel est unique et précieux.

Références

L'équipe

Daniel Fiévet
Production
Daniel Fiévet
Chronique