L'Atlas mondial des microorganismes du métro ©Getty - Andria Patino
L'Atlas mondial des microorganismes du métro ©Getty - Andria Patino
L'Atlas mondial des microorganismes du métro ©Getty - Andria Patino
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Résumé

Qui a dit qu’il n’y avait que les forêts tropicales ou les fonds marins à explorer ? Tout commence par une étude, qui nous emmène à la découverte du peuple invisible de nos transports en commun : 512 bactéries ont été relevées dans le métro de New York ; 10 928 virus et 1 302 bactéries inconnues dans le monde !

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Dans le métro new-yorkais

Certainement pas le microbiologiste américain Chris Mason, coutumier des plongées dans le métro new-yorkais pour savoir ce qui y grouille… La première fois qu’il l’a fait c’est après avoir vu sa fille, toute petite, faire le cauchemar ultime : lécher la barre du métro !! 

Première étude sortie en 2015, qui nous dresse une sympathique liste de 512 bactéries, dont celle de la peste, du tétanos, ou le staphylocoque doré, provenant heureusement toutes de souches mortes, donc pas dangereuses en l’état. Et cette étude a eu tellement de succès qu’il a décidé de partir à la découverte du peuple invisible de nos transports en commun partout dans le monde cette fois !

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Et dans le monde entier. Comment a-t-il procédé ?

Et bien Chris Mason a créé le MetaSub, un consortium international de 900 chercheurs et volontaires, qui sont partis - avant la pandémie de Covid je le précise - prélever des échantillons dans les métros, bus ou tramways de 60 villes du monde. Marseille, Paris en ce qui nous concerne, mais aussi Séoul, Rio, Tokyo, Bogota, Sydney, ou la ville d’Offa, au Nigeria, bref le tour du monde. A chaque fois, même méthode : on frotte l'écouvillon contre les barres, les tourniquets, les bancs, les distributeurs de tickets… pendant 3 minutes, le temps d’avoir suffisamment de matière, (mais pas plus au risque de paraitre louche aux yeux des passagers)

Et alors quelles trouvailles à l’arrivée ?

Plus de 4 000 espèces connues, majoritairement des bactéries, mais surtout : 10 928 virus et 1 302 bactéries totalement inconnues au bataillon !

Superbe preuve de tout ce qu’il reste à découvrir dans le monde

Sourit le chercheur new-yorkais auteur de l'étude parue dans la revue Cell, en rassurant illico : il ne faut pas avoir peur, ils sont inconnus certes mais nous vivons immergés dans cet écosystème depuis des années, sans trop de problèmes. 

D’ailleurs ces découvertes pourraient au contraire aider la recherche sur les antibiotiques en particulier, ou même à résoudre certaines enquêtes car ces microorganismes laissent des traces, propres à chaque ville, figurez-vous ! 

Une sorte d’empreinte microbe qu'il faut encore décrypter mais on sait déjà qu'elle dépend du climat, de la géographie (on en trouvera plus liés à l'eau, comme Modestobacter marinus, dans une ville côtière), ou de la population, car les bactéries viennent souvent de notre corps, comme Microccus luteus qu'on remercie pour les odeurs de transpi, ou cutibacterium acnes sur le gras de notre peau... 

Cet atlas des microbiomes urbains, premier du genre, est en ligne, vous cliquez sur la ville de votre choix sur le planisphère et voilà la liste et proportion de tout ce petit monde. Je vous assure que même si on ne comprend pas tout, c'est fascinant... Une vraie jungle pour le coup, mais urbaine donc ! Et la prochaine étape de l'équipe c'est les eaux usées, miam !