L'histoire d'une limace courageuse ©Getty - VW PICS/Universal Images Group
L'histoire d'une limace courageuse ©Getty - VW PICS/Universal Images Group
L'histoire d'une limace courageuse ©Getty - VW PICS/Universal Images Group
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Résumé

Elle a l’amour du risque puisqu’elle s’est carrément auto-décapitée ! Vous avez peut-être vu passer cette année sur Internet la vidéo incroyable d’une tête verte qui rampe tranquillement toute seule, isolée, le corps détaché à quelques centimètres…

avec :

Camille Crosnier (Journaliste et chroniqueuse).

En savoir plus

Il s’agit d’une limace de mer, espèce Elysia marginata, qu’une chercheuse japonaise a eue la surprise de découvrir dans cet état, pensant d’abord qu’elle allait vite mourir, avant de se rendre compte que cette décapitation était non seulement intentionnelle mais parfaitement maitrisée. 

Et parce que quatre autres gastéropodes du laboratoire sont, elles aussi, passés à l’acte, couic ! Au revoir le cœur, le système digestif, les organes reproducteurs, tout ce qui constitue le corps va se décomposer en quelques semaines, pendant que la plaie au cou cicatrise en quelques heures à peine, qu’un nouveau cœur apparait en moins d’une semaine, et vingt jours plus tard : voici la limace de mer à nouveau entière !

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Mode d'emploi

Le fascinant pouvoir de régénération de certains animaux. On connait tous le lézard capable de perdre sa queue pour échapper à un prédateur, avant qu’elle n’ait repoussé 60 jours plus tard, les cellules souches ayant refabriqué muscles, cartilages, nerfs... 

Il y a aussi la salamandre qui, elle, peut faire réapparaitre ses pattes, ou même ses yeux, en un an. Les étoiles de mer, certaines méduses, ou le poisson-zèbre tiens qui reconstitue ses nageoires. Là, pour la limace de mer, on ne sait pas encore exactement comment elle se recréé un corps, ce pourrait être à partir de cellules souches au niveau du cou,  mais les mystères des mécanismes de la régénération sont profonds et je peux vous dire que la recherche s’active, car ça nous fait en plus bien envie à nous humains, pour développer des thérapies.

Mais nous avons beau avoir certains gênes communs avec eux, le câblage n'est pas le même c'est pour ça que nous n'en sommes, nous, qu'au stade de la cicatrisation. En tout cas, cette limace de mer a pu survivre sans cœur grâce aux algues qu’elle a continuées de manger comme si de rien n’était, lui fournissant de l’énergie via la photosynthèse.  

Pourquoi cette auto-décapitation ? 

C’est aussi une histoire de prédateur ? Et bien, non pas là. Cette autotomie (perdre une partie de son corps volontairement) leur permettrait de se débarrasser de petits crustacés, des parasites internes qui gênent leur reproduction… 

C’est l’hypothèse privilégiée, mais les scientifiques doivent creuser, pour comprendre ce qu'ils qualifient de "forme d'autotomie et de régénération la plus extrême observée dans la nature". On a aussi pensé à une façon d’éliminer les toxines, ou de pouvoir s’extraire d’algues quand la limace s’est emmêlée dedans. Mais là, la solution serait vraiment radicale.

Références

L'équipe

Camille Crosnier
Production