L'archéologie glaciaire, ici avec Ötzi découvert en décembre 1991 ©Getty - Leopold Nekula/Sygma
L'archéologie glaciaire, ici avec Ötzi découvert en décembre 1991 ©Getty - Leopold Nekula/Sygma
L'archéologie glaciaire, ici avec Ötzi découvert en décembre 1991 ©Getty - Leopold Nekula/Sygma
Publicité
Résumé

A la fonte des neiges, on peut faire un tas de découvertes. Ce matin dans la chronique environnement, on se téléporte en haute montagne. Et couvrez-vous nous sommes dans les Alpes à presque 3.000 mètres d’altitude…

avec :

Camille Crosnier (Journaliste et chroniqueuse).

En savoir plus

Il n’y a pas beaucoup de neige cela dit parce que nous sommes à la fin de l’été, début septembre dans ma téléportation, et surtout parce qu’elle fond de plus en plus vite vous le savez à cause du réchauffement climatique, révélant de nombreux objets piégés jusque-là par la glace.

Il y a de tout !

Des piolets égarés par les randonneurs, des boites de conserve datant de la guerre… Mais, les trouvailles qui nous intéressent sont enfoncées encore plus profond dans le temps : un pantalon de cuir et des chaussures appartenant à un chasseur vieux de 3000 ans, son carquois en écorce de bouleau pour ranger les flèches… Ont également refait surface ces dernières années des chaussettes tricotées du Néolithique ou du tissu rouge, preuve qu’ils mettaient déjà de la couleur à l’époque. Et même, tenez-vous bien, une raquette, pour marcher dans la neige… on savait aussi s’équiper à la Préhistoire, vous allez voir qu’on va pas tarder à retrouver des skis ! 

Publicité

Mais le plus marquant de ces trésors archéologiques s’appelle Oetzi 

: cet homme mort il y a 5.300 ans et parfaitement conservé, découvert souvenez-vous le 19 septembre 1991. Je vous donne la date parce qu’à 2 semaines près, on passait à côté.  

La glace qui fond Elle fait certes renaître ce qui a été figé plusieurs années, mais ne protège plus de l’air, l’humidité, le soleil, qui en quelques jours à peine décomposent entièrement ces vestiges. Et c’est pour cela que l’archéologie glaciaire prend de l’ampleur car les spécialistes savent que l’accélération de la fonte des glaciers va sacrifier des milliers d’objets. Les Alpes c’est immense, il est impossible d’être partout où ils ressurgissent. 

Comment font les archéologues ?  

Et bien en plus des expéditions et des modélisations pour mieux repérer les lieux où fouiller, ils voudraient faire des usagers de cette haute montagne des vigies, car ce sont eux qui tombent le plus souvent sur ces traces de notre passé. 

Alors surtout sans toucher, ni déplacer, encore moins embarquer mais en photographiant l’objet, et son contexte (très important ça raconte plein de choses), avant de prévenir bien sûr les archéologues. 

Une forme de science participative pour sauver ce patrimoine que les Indiana Jones alpins préféreraient toujours prisonnier de la glace/

A défaut, ils l’explorent pour mieux comprendre la vie en montagne il y a des millénaires. Ça s’appelle voir le verre à moitié plein et parfois, même à l’heure du petit dej ça fait du bien.