La punaise diabolique ©Getty - Aurelien Morissard
La punaise diabolique ©Getty - Aurelien Morissard
La punaise diabolique ©Getty - Aurelien Morissard
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Résumé

Et je dois vous avouer que c’est une épreuve pour moi depuis hier que je prépare cette chronique, parce que les punaises sont ma phobie ABSOLUE, allez comprendre…

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Même une photo me donne des frissons. Alors vous allez me dire mais quelle idée d’en faire un sujet ! Oui. Mais il faut parfois savoir se faire violence parce que mes amis : 

la punaise diabolique sort des maisons et appartements où elle s’était planquée au chaud tout l’hiver

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L’heure est à la reproduction pour Halyiomorpha halys, l’une des 44.000 espèces de punaises, insecte costaud d’environ 1 cm et demi (plus gros que les vertes), 2 antennes, carapace marron tachetée de blanc, comme un marbré (c’est son 2ème surnom), et capable de voler plusieurs kilomètres par jour. 

Et qu’a-t-elle de "diabolique" cette punaise ?

Rien pour nous autres humains, elle est totalement inoffensive, par contre elle ravage les vergers et potagers, c’est une plaie pour l’agriculture ! La punaise diabolique est polyphage, ça veut dire qu’elle mange un peu de tout, avec un résultat parfaitement résumé dans un article du Figaro : 

Là où la punaise passe, tout trépasse

Car cet insecte piqueur-suceur condamne presque chaque tomate, poivron, pommes ou poire qu’il touche, en provoquant des nécroses ou pourritures profondes, qui vont rendre les fruits et légumes inconsommables. Ce sont les américains qui l’ont surnommée « diabolique » (wicked en VO) après avoir constaté les dégâts de la bestiole, débarquée en 1996 sur le continent, en provenance d’Asie… et oui nous avons affaire à une espèce envahissante, arrivée en France en 2012 par l’Alsace, et qui ne fait que grappiller du terrain depuis : plus de la moitié des départements métropolitains sont touchés aujourd’hui et l’expansion continue, résultat d’une grande enquête participative lancée par l’Inrae et le Muséum national d’histoire naturelle qui insistent sur l’importance de ce suivi pour adapter les stratégies de lutte, les invasions biologiques étant - outre leur coût économique faramineux (plus de 20 milliards de dollars par an dans le monde) - l’une des causes majeurs de la perte de la biodiversité. 

Quelles solutions existent face à la punaise diabolique alors ?

Aucune, ou presque ! On teste des filets sur les cultures, pendant qu’à la maison certaines recettes de grand-mère conseillent de vaporiser des mixtures à base d’ail et de menthe. En évitant bien sûr d’écrabouiller la bête, parce que comme les autres, elle sent mauvais ! Arme chimique pour repousser les attaquants. Alors cela dit on a peut-être trouvé son ennemi ultime, d'ailleurs une demande d'introduction en milieu naturel est en cours, parce qu'il pond dans les oeufs de la punaise et les détruit, "comme un alien" dit un scientifique : Trissolcus japonicus, autrement connu sous le nom de "guêpe samouraï". On pouvait difficilement trouver mieux comme nom de sauveur.