Capture écran du site de Brut
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Une success story qui déraille, des équipes éjectées du jour au lendemain, des dirigeants dont l’horizon s’obscurcit…que se passe-t-il donc chez Brut ?

En fin de semaine dernière, nos confrères des Echos ont publié une enquête sur les coulisses du média de vidéos en ligne…et on va pas se mentir : c’est pas joli-joli.

Cet été, une quinzaine de salariés du bureau de New York ont été congédiés… à l’américaine… comprendre : rdv avec les ressources humaines, les affaires dans un carton et une heure plus tard vous êtes dehors.

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Méthodes différentes mais même résultats au Mexique et en Inde où Brut avait ouvert des bureaux… quant à Paris… pas de licenciements mais une série de départs…

Ajoutez à tout ça, une rentabilité qui fuit Brut depuis son lancement… et vous aurez un tableau pas folichon...

Pourtant Cyril, Brut a réussi à imposer sa marque en France

C’est tout le paradoxe de la situation.

Brut est une réussite éditoriale… le média a su importer en France le modèle lancé aux Etats-Unis par AJ+ et Now This.

Très vite Brut s’est fait une place dans l’espace médiatique… devenant même une référence chez les jeunes. Au point qu’on parle maintenant de "vidéo-à-la-brut".

Brut s’est aussi offert quelques jolis coups depuis 6 ans, dont deux interviews au long cours d’Emmanuel Macron…

Dans la première, le chef de l’Etat avait même été poussé à lâcher un mot polémique…

(Un son à écouter)

Des propos qui avaient mis en boule les policiers… mais le coup était réussi pour Brut.

Mais donc Cyril, malgré cette notoriété, l’avenir de Brut n’est pas assuré ?

Ce n’est pourtant pas faute de ne pas trouver d’argent.

Depuis 2016, le média a levé plus de 100 millions d’euros, dont 63 millions il y a tout juste 18 mois. Les grandes fortunes de ce monde ont veillé à mettre Brut sur orbite.

Sauf…sauf…que ces grosses rentrées d’argent ne suffisent pas à financer le train de vie de Brut… qui gagne par ailleurs trop peu pour espérer s’autofinancer.

Car attention, breaking news : diffuser des contenus sur les réseaux sociaux, ça vous donne de l’audience… mais ça rapporte peanuts !

Faire des millions de vues sur TikTok, c’est bon si vous êtes influenceur et que vous êtes sponsorisé par une sous marque de produit de beauté…mais pas si vous devez faire tourner des rédactions à travers le monde.

Pour tenter d’enrayer la spirale négative, Brut s’est lancé dans le payant avec sa plateforme, BrutX…

Manière de faire rentrer de l’argent frais et surtout de récolter de la donnée de ses utilisateurs.

Si Brut devait un jour se vendre, ces données pourraient facilement faire grimper le prix. Enfin, à condition d’avoir un nombre d’abonnés suffisants… or 18 mois après son lancement, silence radio sur le sujet du côté de BrutX.

On a le droit de croire que ce n’est pas bon signe…

Mais attention…

Ce que traverse Brut aujourd’hui ne doit réjouir personne. Et surtout pas les médias français !

Car si une entreprise est capable de se faire une place dans le quotidien des jeunes français, de devenir une référence du genre… tout en restant à ce point fragile, c’est que quelque chose cloche dans notre écosystème.

Que même bien nées, les start-up françaises des médias ne peuvent pas atteindre une taille suffisante pour s’imposer face aux mastodontes américains.

Et je vous le disais : c’est tout sauf réjouissant !

L'équipe

Cyril Lacarrière
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Production