Gauche : année zéro

François Ruffin, député LFI de la Somme, sur les bancs de l'Assemblée Nationale pendant la niche parlementaire LFI, le 30 novembre 2023. ©Maxppp - PHOTOPQR / LA NOUVELLE REPUBLIQUE / Mathieu Herduin
François Ruffin, député LFI de la Somme, sur les bancs de l'Assemblée Nationale pendant la niche parlementaire LFI, le 30 novembre 2023. ©Maxppp - PHOTOPQR / LA NOUVELLE REPUBLIQUE / Mathieu Herduin
François Ruffin, député LFI de la Somme, sur les bancs de l'Assemblée Nationale pendant la niche parlementaire LFI, le 30 novembre 2023. ©Maxppp - PHOTOPQR / LA NOUVELLE REPUBLIQUE / Mathieu Herduin
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L'édito politique, avec Ludovic Vigogne. C’est l’heure des bilans de fin d’année. Ce matin, il revient sur celui de la gauche, pour qui 2023 aura été mouvementée...

En fait pour elle ça aura même été une année zéro. 2023 aurait pu être l’occasion d’une refondation, un an après une nouvelle défaite présidentielle. Avec la massive contestation provoquée par la réforme des retraites cet hiver, elle jouissait d’un contexte favorable. La gauche aurait pu en profiter pour mettre la question sociale au cœur des débats et dicter l’actualité.

Mais au final, on l’a vu, ça aura plutôt été une année de destruction pour elle. La Nupes a explosé sous les tweets en forme de coups de boutoir de Jean-Luc Mélenchon. Son refus d’appeler au calme lors des émeutes de juin, ses propos polémiques à l’occasion du conflit israléo-palestinien ont eu raison de l’alliance électorale passée pour les législatives de juin 2022. Entre La France Insoumise, le parti socialiste, les écologistes et le PC, les insultes ont volé. Les désaccords sur des sujets fondamentaux se sont multipliés. Le peu de confiance qui existait s’est effacée.

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Et si ces derniers jours, les lieutenants mélenchonistes Manuel Bompard et Mathilde Panot ont envoyé des signaux afin de tenter de relancer une structure commune en train de lentement se déliter, il y a peu de chances que ceux-ci soient suivis d’effets…

Pourquoi ?

Parce qu’en 2024, chacun va se compter. A l’occasion des européennes du 9 juin, les quatre partis de la Nupes vont tous présenter leur propre liste. Et il n’y a aucune raison que leur affrontement se passe courtoisement.

Dans cette compétition, les socialistes et les Verts ont en effet un objectif similaire : devancer La France insoumise et prendre ainsi leur revanche sur son emprise. Ils estiment que c’est à partir de là qu’ils pourront installer un nouveau rapport de force au sein de la gauche et une solution alternative à Jean-Luc Mélenchon, dont plus personne ne doute de la volonté de concourir une quatrième fois en 2027.

Entre Marine Tondelier, la patronne des Ecologistes, Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, ou des Insoumis dissidents, comme Clémentine Autain ou François Ruffin, des discussions ont d’ailleurs déjà commencé en ce sens. Un nouveau leader peut-il en émerger ? Ca n’a pour l’instant rien d’évident tant Jean-Luc Mélenchon reste incontournable à gauche. Avec lui, plus rien n’est possible. Mais sans lui, rien n’est encore possible.

Et puis, il y a une autre question très délicate…

Oui. C’est celle du décalage entre les électeurs de gauche et les leaders de gauche. La loi sur l’immigration en a fourni une nouvelle illustration cette semaine. Les leaders de gauche n’ont eu de cesse de l’étriller. Or, les électeurs de gauche en approuvent, selon tous les sondages, très largement nombre de mesures pourtant très dures.

Ce déphasage est très inquiétant. Ce matin dans La Tribune dimanche, Raphaël Gluksmann, la tête de liste du PS aux européennes, s’en alarme. « Pour parler au-delà des sphères militantes, il faut sortir du pavlovisme et de sa zone de confort », préconise-t-il. La gauche y est-elle prête ? En cette fin de 2023, dans le quinté des personnalités politiques préférées des Français, on recense deux potentiels successeurs au Macronisme, Edouard Philippe et Gabriel Attal, ainsi que trois figures de la droite nationale, Marine Le Pen, Jordan Bardella, Marion Maréchal. Et c’est tout.

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  • Ludovic Vigogne
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