Des saunas les pieds dans la neige ne recevront que très peu de clients cet hiver.
Des saunas les pieds dans la neige ne recevront que très peu de clients cet hiver. ©Radio France - Philippe Lefebvre
Des saunas les pieds dans la neige ne recevront que très peu de clients cet hiver. ©Radio France - Philippe Lefebvre
Des saunas les pieds dans la neige ne recevront que très peu de clients cet hiver. ©Radio France - Philippe Lefebvre
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Après les dernières annonces du gouvernement les professionnels de la montagne de cette station de l'Isère vont tenter de se relever.

À l'Alpe d’Huez, juste après les dernières annonces du gouvernement selon lesquelles les remontées mécaniques des stations de sports d’hiver ne pourraient toujours reprendre du service, le temps semble comme suspendu et les habitants en état de choc. Dans les rues on croise peu de monde même si les commerçants restent ouverts et restaurateurs proposent des plats à emporter. 

Pistes et rues désertes dans l'une des plus grandes stations de France.
Pistes et rues désertes dans l'une des plus grandes stations de France.
© Radio France - Philippe Lefebvre

Toutefois au sommet de la station à 1860 mètres du côté du rondpoint des pistes un télésiège fonctionne et il est d’ailleurs utilisé par plusieurs skieurs. Acte de résistance ? Pas du tout.  

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En fait les skieurs de l’équipe de France ski de bosses se sont installés ici pour s’entrainer et donc en toute légalité ils peuvent utiliser un télésiège mis à leur disposition par la SATA, la société d’économie mixte qui gère les domaines skiables de l’Alpe d’Huez et des 2 Alpes. Et au-delà du simple fonctionnement d’un équipement  Fabrice Boutet le directeur général de la société y voit la démonstration que l’on peut utiliser les remontées mécaniques en toute sécurité : 

depuis le début du mois de décembre nous gérons 400 personnes sur une seul remontée mécanique et nous n’avons enregistré aucun cas positif ce qui est la preuve que notre dispositif fonctionne ».  

Un résultat obtenu dans l’indifférence générale 

personne n’est venu voir ce que nous avons mis en point en matière de protocole sanitaire pour nous dire si c’était bien ou s’il y avait des choses à améliorer ». 

Un mépris que professionnel de la montagne a du mal à accepter. De surcroit pour Fabrice Boutet cette fermeture coutera très cher. Il estime en effet à 85 millions d’euros les pertes pour la SATA

De l’argent qui devait entrer en grande partie dans les caisses des communes ou sont implantées les stations et qui sert à financer leur fonctionnement au quotidien. Pas de doute que cet argent va cruellement manquer dans les caisses des collectivités locales et ce bien après la fin de la saison d’hiver.

Non loin des pistes, c’est aussi l’incompréhension dans les restaurants et dans le seul hôtel encore ouvert. Patricia Grelot Collomb qui a relancé il y a quelques années « Les Grandes Rousses » un hôtel familial aujourd’hui classé 4 étoiles ne se faisait aucune illusion quand à une décision positive du gouvernement. Mais elle veut maintenir son établissement ouvert et donner du travail à ses 75 salariés et montrer qu’il y a encore des professionnels qui résistent à la crise malgré tout.

Pourtant cette ouverture à un cout. Aujourd’hui reconnait-elle :

je ne gagne pas d’argent mais je peux assurer les salaires de mes équipes et payer les charges fixes ». 

Toutefois elle reconnait aussi que les clients se font de plus en plus rares après une première vague d’annulation qui a fait suite aux premières annonces du premier ministre et du président de la république. 

Le soir des annonces j’ai enregistré pour 400 000 euros d’annulation ».

Mais des professionnels de la montagne qui veulent encore croire à l’avenir économique de leur massif on en croise beaucoup dans cette station à l’image de Claire Barousse qui tient la pizzeria le Pinocchio et même si elle reconnait ne pas avoir trop le moral en ce moment elle affiche encore un large sourire et plaisante en montant les marches qui conduisent à la petite salle de son restaurant. Ici 5 saisonniers ont été recrutés pour la saison et notre restauratrice a tenu à signer tous les contrats permettant ainsi aux membres de son équipe de pouvoir bénéficier du chômage partiel. 

Les remontées mécaniques à l'arrêt : 85 millions d'euros de manque à gagner d'ici la fin de la saison.
Les remontées mécaniques à l'arrêt : 85 millions d'euros de manque à gagner d'ici la fin de la saison.
© Radio France - Philippe Lefebvre

Une situation qui n’est pas la même partout ainsi Pierre un jeune breton moniteur de VTT à ses heures devait être embauché par la société des remontées mécaniques. Celles-ci ne pouvant pas fonctionner il n’a donc pas de travail et plus grave pas de contrat lui permettant de bénéficier du chômage partiel. Aujourd’hui il reconnait vivre chichement de ses économies et des 100 euros qu’il a touché en décembre dernier. Pire il envisage de quitter le modeste appartement qu’il occupe dans la station pour aller où ? Il n’en sait rien.

Désormais à l’Alpe d’Huez on espère que même sans les remontées mécaniques les vacanciers viendront. Bien entendu il ne s’agira pas de touristes étrangers mais plutôt d’une clientèle de proximité qui profitera des multiples activités mises en place. Ainsi bien sur ils pourront découvrir les joies du ski de fond ou du ski de randonnée mais ils pourront aussi découvrir le domaine skiable et tutoyer les sommets en utilisant des scooters des neiges ou en utilisant un moyen plus « écolo » le traineau à chien. 

Un grand moment même si Mickael qui pilote cette activité dans la station reconnait que ses chiens qui avaient l’habitude de croiser des skieurs sur les pistes perdent leurs repères.

Mais durant ce reportage j’ai croisé des touristes habitués des stations autrichiennes qui cette année ont fait le choix de la France et qui visiblement ont trouvé leur bonheur au rythme d’une activité nouvelle par jour. 

C’était des belles vacances quand même, on avait l’impression que la montagne entière nous appartenait ».

Office du tourisme de l'Alpe d'Huez

Programmation musicale

  • 06h22
    Reason to believe (feat. Courtney Barnett)
    Reason to believe (feat. Courtney Barnett)
    Vagabon
    Reason to believe (feat. Courtney Barnett)

    Courtney Barnett

    Album Reason to believe (feat. Courtney Barnett) (2021)
    Label NONESUCH

L'équipe

Philippe Lefébure
Production