L'abbatiale Sainte-Foy de Conques et ses vitraux réalisés par Pierre Soulages
L'abbatiale Sainte-Foy de Conques et ses vitraux réalisés par Pierre Soulages ©Getty - Michel RENAUDEAU
L'abbatiale Sainte-Foy de Conques et ses vitraux réalisés par Pierre Soulages ©Getty - Michel RENAUDEAU
L'abbatiale Sainte-Foy de Conques et ses vitraux réalisés par Pierre Soulages ©Getty - Michel RENAUDEAU
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Dans le parcours de Pierre Soulages, il y a deux moments fondamentaux : la conversion à l'outrenoir et la fabrication des vitraux de l'abbaye de Conques. Pour les cent ans du peintre, Jean Lebrun nous entraîne sur les traces de Soulages à Conques.

Série "Pierre Soulages"

Soulages qui a ce 24 décembre cent ans exactement  avait, enfant de douze ans,  ressenti à Conques une impression si forte qu’il avait décidé de devenir artiste.

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Il a soixante-deux ans lorsque le ministère de la Culture de Jack Lang lui propose de refaire tous les vitraux de l’abbatiale : 104 ouvertures !

Avant-guerre, Soulages avait connu le lieu éclairé par des fenêtres en grisaille. Une commande de l’État français, en 1942, avait remplacé ces grisailles par des vitraux historiés et coloriés de bonne facture mais qui assombrissaient considérablement l’édifice. Soulages voulait que l’écoulement de la lumière dans ses variations infinies et selon les différentes heures du jour rende l’abbatiale à sa vérité.

Les oppositions politiques n’allaient pas manquer. De la part de la droite qui reprenait le pouvoir en 1986. De la part du secrétaire général de l’Élysée de…  François Mitterrand, Hubert Védrine, qui se trouvait être le petit-fils du facteur des vitraux de l’État français. Quant aux habitants du village et aux chanoines prémontrés qui desservaient l’abbatiale, ils étaient férocement contre : les Conquois se dressèrent longtemps face aux  conquistadores.

Soulages eut aussi beaucoup de difficulté  à concevoir et à faire fabriquer le verre qu’il souhaitait. Sa méthode n’était pas de donner à un maitre verrier une esquisse qu’il aurait coloriée. C’est du verre  du verre qu’il attendait qu’il diffuse la lumière et provoque la couleur.

Avec Jean-Dominique Fleury, le maitre-verrier de Toulouse qu’il avait choisi, il inventa aussi le vitrail à deux faces. De l’intérieur, on ne voit pas l’extérieur : de l’extérieur, on ne voit pas l’intérieur ;cependant, le vitrail se lit aussi de l’extérieur.

Conques a eu dans le parcours de Soulages une importance  peut-être aussi grande que a conversion à l’outre-noir en 1979. Il a dit : « Ce que je fais est lié à mes vitraux de Conques, car il s’agit toujours de la lumière. »

29 min

Bibliographie

  • Georges Duby et Christian Heck ; Conque, les vitraux de Soulages, Seuil, 1994
  • Christian Bobin, La nuit du cœur, Gallimard, 2008
  • Sabine Gignoux ; Pierre Soulages à Conques, Lumière sur un chef d’œuvre ; Journal La Croix, 14 décembre 2019
  • Bernard Ceysson Soulages, Flammarion, 1996
  • Michel Ragon Les ateliers de Soulages, Albin Michel, 2004
  • Pierre Encrevé Soulages, Gallimard, 2007 et Peintures, 1946-2006, Le Seuil
  • Pierre Daix et  James Johnson Sweeney L'Oeuvre, 1947-1990, Ides et calendes, 1991
  • Jean-Michel Le Lannou : Pierre Soulages, la plénitude du visible, PUF, 2001