Le témoin du vendredi : Monique Lévi-Strauss, dans le piège de l’Allemagne 1939-1945

France Inter
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Rediffusion du 17/10/2014

Enfants sortant de Ministère de l'Air du Reich à Berlin en 1940
Enfants sortant de Ministère de l'Air du Reich à Berlin en 1940
© domaine public - Bundesarchiv

C’est grâce à sa maitrise de l’allemand que Monique Lévi-Strauss a pu travailler aux côtés de Claude Lévi-Strauss, avec qui elle a vécu dès 1951.

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Mais d’où vient cette parfaite connaissance de l’allemand ?

Dans sa famille, on a le passeport belge et l’américain. Ses parents sont plutôt du genre passe-frontières. Son premier séjour linguistique en Allemagne date de 1938. Comment son père a-t-il pu la laisser partir une enfant seule, à l’heure de la crise germano-tchèque ? Et comment, en mars 1939, accepte-t-il un poste d’ingénieur dans le Troisième Reich, y emmenant cette fois sa femme – juive !- et ses enfants ? Il n’est pas nazi, il se rassure en pensant que tous les allemands ne sont pas nazis et qu’une nouvelle guerre est impossible, il croit que sa nationalité le protègera. Mai 40 le détrompera, qui verra l’invasion de son pays et son incarcération. La petite tribu restera coincée en Allemagne cinq ans, dans des conditions de plus en plus aléatoires, le temps pour Monique de perdre en effet tout accent et aussi de vieillir très vite sous les bombardements des Alliés dont elle attend la victoire.

A 12 ans, dès le début, elle avait senti que cette équipée était dangereuse et absurde. Il arrive que les générations montantes soient les plus intelligentes. Ou les plus attentives : c’est parce que les jeunes d’aujourd’hui sont plus disponibles à l’écoute que Monique Lévi-Strauss commence à parler de son histoire qui dépasse l’entendement.

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